Le ministre pakistanais des Finances, Muhammad Aurangzeb, a affirmé lundi que la récente escalade militaire entre le Pakistan et l’Inde n’aurait pas de conséquence budgétaire majeure pour son pays, insistant sur la capacité d’Islamabad à gérer les dépenses induites dans le cadre de son budget actuel. Dans une interview accordée à Reuters, il a qualifié les affrontements de « courte durée » et écarté tout besoin immédiat de réévaluation économique.
Ces déclarations interviennent alors que le Pakistan s’apprête à recevoir mardi un nouveau versement d’un milliard de dollars du Fonds monétaire international, dans le cadre d’un plan d’aide de 7 milliards de dollars. Le FMI a également validé un nouveau prêt de 1,4 milliard de dollars via son mécanisme de résilience climatique, renforçant la stabilité financière du pays à l’approche de l’élaboration de son budget fédéral pour l’exercice à venir.
Interrogé sur une éventuelle hausse des dépenses militaires, Aurangzeb s’est montré réservé mais a assuré que « tout ce qu’il faut faire pour répondre aux besoins de défense sera fait ». Il a toutefois indiqué que les négociations budgétaires avec le FMI prévues du 14 au 23 mai intégreront les paramètres actuels, sans ajustement radical lié au conflit.
Le ministre a également abordé les relations commerciales avec les États-Unis, saluant la pause de 90 jours sur les tarifs douaniers imposés sur les exportations pakistanaises. Il s’est dit confiant dans l’accélération des négociations commerciales bilatérales, évoquant des opportunités d’importations de coton, de soja et d’hydrocarbures depuis les États-Unis.
Concernant le traité sur les eaux de l’Indus, suspendu unilatéralement par l’Inde, Aurangzeb a déclaré s’attendre à son rétablissement prochain, estimant que le Pakistan ne « veut même pas envisager un scénario » dans lequel cet accord ne serait pas restauré.
Le conflit avait été déclenché par une attaque meurtrière au Cachemire indien le 22 avril, entraînant plusieurs jours de frappes transfrontalières avant l’annonce d’un cessez-le-feu samedi, médiatisé par le président américain Donald Trump. Ce dernier a d’ailleurs affirmé que le commerce avait joué un rôle clé dans le retour au calme entre les deux puissances nucléaires.