Pékin revendique le contrôle total sur la succession du Dalaï Lama
Pékin revendique le contrôle total sur la succession du Dalaï Lama

À quelques jours de son 90e anniversaire, le Dalaï Lama se prépare à franchir une étape majeure : annoncer les grandes lignes de sa succession spirituelle. Il rencontrera ce mercredi matin onze hauts dignitaires bouddhistes tibétains dans sa résidence de Dharamshala, au nord de l’Inde, afin de recevoir une déclaration écrite qui devrait évoquer — selon un responsable proche du dossier — la réincarnation de celui qui est considéré comme le 14e Dalaï Lama.

La question de la succession du chef spirituel des Tibétains est politiquement explosive. Tandis que la tradition bouddhiste tibétaine repose sur la réincarnation des grands maîtres pour perpétuer leur mission, Pékin, qui considère le Dalaï Lama comme un « séparatiste », affirme depuis des années qu’il désignera lui-même le prochain Dalaï Lama. Ce que le lauréat du prix Nobel de la paix rejette catégoriquement. Il a répété à plusieurs reprises que sa réincarnation n’aurait lieu ni en Chine, ni dans un territoire sous domination du Parti communiste chinois.

Le Dalaï Lama, qui vit en exil depuis 1959 à la suite de l’échec d’un soulèvement contre l’occupation chinoise au Tibet, réside à Dharamshala avec des milliers d’autres Tibétains. C’est dans cette même ville que se sont déjà réunis les chefs des principales écoles du bouddhisme tibétain pour une conférence religieuse prévue mercredi et vendredi, en amont des célébrations d’anniversaire du week-end.

Le choix du successeur du Dalaï Lama s’annonce comme un bras de fer entre tradition religieuse et agenda géopolitique. La Chine tente depuis des années d’imposer ses vues sur le processus religieux de réincarnation, notamment à travers la nomination de panchen lamas « maison » — une manœuvre rejetée par la communauté tibétaine en exil et une grande partie du monde bouddhiste.

À 90 ans, le Dalaï Lama semble bien décidé à trancher en faveur de la légitimité spirituelle, et non politique. Si une déclaration précise devait être rendue publique dans les prochains jours, elle pourrait profondément bouleverser la donne et accentuer les tensions entre la communauté tibétaine en exil et le régime chinois.

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