Le chef de l’humanitaire de l’ONU fustige le plan israélien pour Gaza : « Un spectacle cynique et une diversion délibérée »
Le chef de l’humanitaire de l’ONU fustige le plan israélien pour Gaza : « Un spectacle cynique et une diversion délibérée »

Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a vertement critiqué mardi devant le Conseil de sécurité des Nations unies le plan israélien de distribution d’aide humanitaire à Gaza, le qualifiant de « spectacle cynique, de diversion délibérée, de feuille de vigne pour de nouvelles violences et des déplacements ». Selon lui, cette initiative ne répond en rien aux besoins urgents de la population civile, assiégée depuis des semaines.

Fletcher a révélé qu’aucune aide — ni nourriture, ni médicaments, ni eau, ni tentes — n’était parvenue à Gaza depuis plus de dix semaines. Le dernier convoi humanitaire serait entré dans l’enclave le 2 mars. Malgré plus d’une douzaine de réunions avec les autorités israéliennes pour trouver un compromis sur la distribution de l’aide, l’ONU déplore que les conditions imposées par Israël soient inacceptables et ne permettent pas une action humanitaire efficace.

« Nous pouvons sauver des centaines de milliers de survivants », a affirmé Fletcher, précisant que l’ONU dispose de mécanismes rigoureux pour éviter que l’aide ne tombe aux mains du Hamas. « Mais Israël nous refuse l’accès, faisant passer l’objectif de dépeuplement de Gaza avant la vie des civils. »

Israël, de son côté, affirme qu’aucune aide ne sera autorisée tant que le Hamas ne libérera pas les otages encore détenus. Le COGAT, l’organisme militaire israélien chargé de coordonner l’aide, a proposé en avril un « mécanisme structuré » pour superviser l’entrée des fournitures, assurant qu’il vise à empêcher leur détournement. « Ce mécanisme est conçu pour soutenir les organisations humanitaires, améliorer la surveillance et s’assurer que l’aide atteigne la population civile, et non le Hamas », a publié le COGAT sur X.

Mais pour Fletcher, le modèle proposé par Israël ne répond pas aux critères minimaux d’un accès humanitaire digne de ce nom. Il dénonce un système qui ne couvre qu’une partie du territoire, crée de nouveaux déplacements de population et expose les civils à des risques accrus. « Cela fait de la famine un argument de négociation », a-t-il déclaré avec gravité.

Le conflit, déclenché le 7 octobre 2023 par une attaque du Hamas qui a coûté la vie à 1 200 personnes en Israël et conduit à la prise de 250 otages, a plongé Gaza dans une crise humanitaire sans précédent. Depuis, plus de 52 700 Palestiniens ont été tués selon les autorités sanitaires locales, et la population gazaouie se retrouve aujourd’hui sans ressources ni refuge.

Dans ce contexte dramatique, le plaidoyer de l’ONU pour un accès sans entrave à l’aide humanitaire se heurte à un blocage politique et militaire persistant. L’organisation appelle à une action immédiate et dépolitisée pour sauver des vies dans une région ravagée par des mois de guerre.

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