Le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, rencontre ce jeudi le président américain Donald Trump pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, dans le cadre d’un tête-à-tête hautement stratégique à la Maison Blanche. À l’ordre du jour : la guerre en Ukraine, les tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne, ainsi que l’avenir des relations transatlantiques, mises à rude épreuve depuis le retour de Trump à la présidence.
Cette rencontre marque la première visite officielle de Merz à Washington depuis sa prise de fonctions le mois dernier. Le chef de gouvernement conservateur de 69 ans a été convié à un déjeuner privé avec Trump dans le Bureau ovale, un cadre désormais connu pour ses échanges parfois explosifs avec les dirigeants étrangers. L’Allemagne, économie tournée vers les exportations, cherche à éviter une vague de nouveaux droits de douane américains, tout en assurant le maintien du soutien militaire américain à l’Ukraine, dont elle est le deuxième contributeur international.
Le climat diplomatique est tendu. L’administration Trump a récemment intensifié ses critiques à l’égard des politiques européennes, tout en se rapprochant de partis de droite en Europe. La chancellerie allemande, consciente des risques d’une confrontation directe, a sollicité les conseils d’autres dirigeants étrangers ayant déjà eu affaire à Trump afin de préparer cette rencontre. L’objectif affiché : éviter les embuscades médiatiques ou les échanges houleux qui ont marqué certaines visites récentes.
Friedrich Merz espère s’attirer les faveurs de Trump en mettant en avant des initiatives alignées sur les priorités de la Maison Blanche. Il a récemment exprimé son soutien à une hausse drastique des dépenses militaires de l’OTAN jusqu’à 5 % du PIB, une exigence clé du président américain. Il a également orchestré une visite diplomatique express à Kiev, signal fort adressé à Washington sur l’engagement allemand en faveur de l’Ukraine.
Pour certains observateurs, les profils similaires des deux dirigeants pourraient favoriser une entente personnelle. Tous deux issus du monde des affaires, membres de formations de centre-droit, critiques de longue date d’Angela Merkel, et amateurs de golf, Merz et Trump pourraient nouer un certain rapport de confiance. Merz se revendique par ailleurs comme un transatlantiste convaincu, fort d’un passé à la tête de l’association Atlantic Bridge.
Mais les analystes restent prudents. Trump est jugé imprévisible, et Merz, parfois impulsif. La gestion des désaccords pourrait vite s’avérer délicate, notamment si Trump venait à formuler des affirmations inexactes ou provocatrices. Des contentieux potentiels existent également, comme le projet allemand de taxation des géants du numérique, dont Trump est proche, ou encore les critiques passées de Merz à l’égard de Washington.
Cette réunion pourrait poser les bases des relations germano-américaines pour les années à venir. Le fait que Merz ait été invité à séjourner à Blair House, la résidence officielle des hôtes étrangers, est perçu comme un signe de respect diplomatique, mais la marge de manœuvre reste étroite dans un contexte international instable.