La Russie relâche un pétrolier grec détenu en mer Baltique, les tensions montent dans la région
La Russie relâche un pétrolier grec détenu en mer Baltique, les tensions montent dans la région

La Russie a libéré mardi le pétrolier Green Admire, battant pavillon libérien, arrêté deux jours plus tôt dans ses eaux territoriales alors qu’il quittait le port estonien de Sillamae. L’information, rapportée par la chaîne publique estonienne ERR, intervient dans un contexte de tensions croissantes en mer Baltique, zone stratégique pour le transit de pétrole, notamment russe.

Le Green Admire, géré par la société grecque Aegean Shipping, a repris sa route en direction du port néerlandais de Rotterdam, où il est attendu le 24 mai, selon les données de la plateforme MarineTraffic. Ni l’armateur ni les assureurs norvégiens du navire n’ont souhaité commenter dans l’immédiat. L’incident survient alors que l’Estonie mène des inspections accrues des navires transportant du pétrole russe dans le cadre de la mise en œuvre des sanctions occidentales, ce qui, selon Tallinn, aurait motivé la réponse de Moscou.

Le navire avait emprunté un couloir maritime passant par les eaux russes, où il a été stoppé. Le ministère estonien des Affaires étrangères a qualifié cette détention de réponse directe à la campagne de sa marine contre les exportations pétrolières russes via la Baltique. La Russie, pour sa part, accuse l’OTAN de vouloir faire de cette mer une zone d’influence exclusive, et a menacé de riposter à toute « action illégale » de la part des pays alliés.

La société de sécurité maritime britannique Ambrey a alerté mardi sur des « risques accrus pour la sécurité des navires en mer Baltique », notamment des détentions arbitraires, des provocations militaires et des entraves à la libre circulation. Les navires opérant près des côtes estoniennes et finlandaises seraient les plus exposés.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Moscou a recours à une « flotte fantôme » — composée de pétroliers non assurés, aux propriétaires opaques et naviguant sans certification de sécurité occidentale — pour contourner les sanctions et continuer d’exporter son pétrole, principalement vers l’Asie.

Dans un contexte de pressions internationales renforcées, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé mardi une nouvelle série de sanctions contre la Russie. Le Groupe des Sept, de son côté, envisage de réduire le plafond de prix des ventes de pétrole russe à 50 dollars le baril, contre 60 actuellement, accentuant ainsi l’étau économique autour du Kremlin.

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