La Cour internationale de Justice rejette la plainte du Soudan contre les Émirats sur le financement présumé de la rébellion
La Cour internationale de Justice rejette la plainte du Soudan contre les Émirats sur le financement présumé de la rébellion

La Cour internationale de Justice (CIJ) a rejeté lundi la plainte déposée par le Soudan contre les Émirats arabes unis (EAU), les accusant de violer la Convention sur le génocide en finançant et armant les Forces de soutien rapide (RSF), groupe paramilitaire impliqué dans la guerre civile dévastatrice qui ravage le pays depuis 2023.

Dans sa décision, la plus haute juridiction des Nations Unies a estimé ne pas avoir compétence pour statuer sur le fond du dossier. Bien que les deux pays soient signataires de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide, les Émirats bénéficient d’une réserve limitant la juridiction de la CIJ dans ce domaine. Ce point avait déjà été souligné par des juristes comme un obstacle majeur à la poursuite de la procédure.

« Le conflit violent a des effets dévastateurs, entraînant des pertes humaines incalculables et d’immenses souffrances, en particulier au Darfour-Ouest. Mais la portée de cette affaire est nécessairement limitée par la base de compétence invoquée dans la requête », a déclaré le président de la Cour, le juge Yuji Iwasawa, en lisant la décision publique à La Haye.

Les Émirats ont salué cette décision. « La conclusion de la Cour selon laquelle elle n’a pas compétence confirme que cette affaire n’aurait jamais dû être présentée », a réagi Reem Ketait, haute responsable au ministère émirati des Affaires étrangères, face aux journalistes à la sortie de l’audience. Une douzaine de manifestants pro-soudanais l’ont huée pendant sa déclaration.

En mars dernier, le Soudan avait demandé à la CIJ de prononcer des mesures conservatoires urgentes, exhortant les Émirats à cesser tout soutien militaire et financier aux RSF, qu’ils accusent de mener des exactions ciblées contre la population Masalit au Darfour. Lors de l’audience d’avril, les Émirats avaient vigoureusement contesté la compétence de la Cour.

Le Soudan est plongé dans une guerre civile depuis avril 2023, après que des tensions de longue date entre l’armée régulière et les RSF ont dégénéré en affrontements ouverts à Khartoum puis dans plusieurs régions du pays. Les deux camps ont été accusés de graves violations des droits humains.

Les Émirats, alliés des États-Unis et influents dans la région, ont nié tout soutien direct aux RSF, malgré des preuves documentées par plusieurs enquêtes indépendantes pointant l’acheminement d’armes via des circuits détournés.

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