Kim Jong-un fustige le lancement raté d’un destroyer, qualifié d’« acte criminel »
Kim Jong-un fustige le lancement raté d’un destroyer, qualifié d’« acte criminel »

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a violemment condamné un accident survenu mercredi lors du lancement d’un nouveau destroyer de 5 000 tonnes, qualifiant l’incident d’« acte criminel » résultant d’une négligence inacceptable. Le navire, présenté comme l’un des plus grands jamais construits par la Corée du Nord, s’est renversé sur le côté dans le port de Chongjin, au nord-est du pays, alors que Kim assistait en personne à la cérémonie.

L’agence officielle KCNA a rapporté que le lancement avait échoué à cause d’une perte d’équilibre, entraînant l’écrasement partiel de la coque du navire. Bien que le rapport n’ait pas mentionné de victimes, l’événement a suscité la colère du dirigeant nord-coréen, qui a exigé la restauration immédiate du navire avant la prochaine réunion du Parti des travailleurs, prévue en juin. Il a ajouté que cet échec constituait « l’effondrement de la dignité et du respect de soi de notre État » et qu’il ne s’agissait pas seulement d’un problème technique, mais d’un enjeu politique majeur.

La marine sud-coréenne a confirmé que le navire endommagé gisait sur le flanc, visible depuis le port. Séoul et Washington avaient détecté des mouvements autour du chantier naval de Chongjin dans les jours précédents, selon les services de renseignement. Le lancement du destroyer semble avoir été effectué de manière latérale — une méthode peu conventionnelle et jamais observée auparavant en Corée du Nord, qui pourrait s’expliquer par l’absence de rampe de mise à l’eau adaptée à ce site.

Quelques heures après la révélation de l’accident, Pyongyang a lancé plusieurs missiles de croisière depuis la même zone côtière, selon l’armée sud-coréenne, qui n’a pas précisé le type ou la portée des engins. Ce geste pourrait être interprété comme une tentative de détourner l’attention de l’échec naval ou de projeter une image de force.

La transparence relativement rapide avec laquelle les médias d’État ont reconnu l’échec constitue un fait rare dans un pays habitué à masquer ses revers. Des analystes y voient une stratégie de Kim Jong-un pour mieux asseoir son autorité interne en se positionnant comme le seul garant de l’exigence et de la rigueur. « Il s’agit d’un exemple typique de sa gouvernance : contrôler les responsables par la peur et montrer au public qu’il prend les choses en main », a expliqué Cheong Seong-chang, spécialiste de la Corée du Nord à l’Institut Sejong de Séoul.

Ce lancement faisait partie des efforts de modernisation navale menés par Kim, qui souhaite renforcer la capacité de projection maritime du pays en intégrant à sa flotte des navires capables d’emporter plusieurs systèmes de missiles. Un navire similaire avait été dévoilé en avril lors d’un précédent lancement, lui aussi supervisé par Kim.

Partager