JÉRUSALEM – Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou prévoit de convoquer une réunion de haut niveau du cabinet de sécurité afin d’évaluer la possibilité d’étendre la campagne militaire actuelle à Gaza, ont indiqué des responsables ce jeudi. Cette décision intervient alors que les divisions se creusent au sein de l’appareil sécuritaire israélien et que la pression internationale en faveur d’un accord sur les otages s’intensifie.
La réunion, qui devrait se tenir dans les prochains jours, aura pour objectif d’examiner l’opportunité de poursuivre les opérations militaires au-delà des zones déjà visées dans l’enclave palestinienne. Une source gouvernementale a indiqué que cette nouvelle phase pourrait viser les zones centrales de Gaza, où les forces israéliennes n’ont pas encore lancé d’offensive terrestre de grande ampleur.
Toutefois, le chef d’état-major de l’armée israélienne s’est publiquement opposé à une extension de la campagne, estimant que les objectifs militaires actuels sont proches d’être atteints et qu’une poursuite du conflit pourrait aggraver la situation sécuritaire régionale. Son avis, partagé en privé par plusieurs officiers supérieurs, reflète une inquiétude croissante sur les conséquences humanitaires et stratégiques d’une intensification des combats.
Sur le plan politique, Netanyahou est également confronté à une opinion publique de plus en plus favorable à un accord pour la libération des otages israéliens encore détenus dans la bande de Gaza. Selon les autorités, une vingtaine de personnes seraient toujours vivantes, aux mains du Hamas ou d’autres groupes armés. Des familles d’otages ont récemment intensifié leurs manifestations à Tel-Aviv et devant la Knesset, appelant à des négociations immédiates.
À Gaza, les frappes israéliennes se poursuivent sans relâche. Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs raids ont ciblé des habitations dans la ville de Gaza, provoquant de nouvelles destructions et déplacements. Les autorités palestiniennes font état de milliers de civils contraints de fuir à nouveau leurs quartiers, certains pour la troisième ou quatrième fois depuis le début du conflit.
Alors que l’armée évalue la faisabilité opérationnelle d’une nouvelle offensive, les diplomates occidentaux pressent Israël de privilégier la voie diplomatique, notamment par le biais de médiations en cours avec l’Égypte et le Qatar. L’issue de la réunion de sécurité pourrait donc s’avérer déterminante pour la suite d’un conflit qui a déjà coûté la vie à des milliers de civils et ébranlé durablement la stabilité régionale.