Les plaidoiries finales du procès de Jimmy Lai, figure emblématique du mouvement pro-démocratie à Hong Kong, se sont achevées jeudi après 156 jours d’audience. Le verdict n’a pas encore été rendu, mais cette affaire est considérée comme l’un des tests les plus marquants de l’état de droit dans l’ancienne colonie britannique depuis l’imposition par Pékin de la loi sur la sécurité nationale.
Âgé de 77 ans, Jimmy Lai est accusé de deux chefs de complot en vue de collusion avec des forces étrangères et d’un chef de complot en vue de publier des documents séditieux. Le fondateur du quotidien Apple Daily, fermé en 2021 dans le cadre de la répression des voix dissidentes, a plaidé non coupable.
Le procès, ouvert en décembre 2023, est devenu un symbole de l’érosion des libertés dans le centre financier asiatique depuis les vastes manifestations pro-démocratie de 2019. Pékin a imposé l’année suivante une législation drastique qui punit sévèrement toute activité jugée subversive, séparatiste, terroriste ou de collusion avec l’étranger.
Interrogée sur la date du verdict, la juge Esther Toh a seulement indiqué qu’il serait rendu « en temps utile ». Ce flou prolonge l’attente d’un jugement suivi de près par les chancelleries occidentales.
Les États-Unis et plusieurs autres pays ont dénoncé un procès à caractère politique et exigé la libération immédiate de Lai. Les autorités chinoises et hongkongaises assurent de leur côté que l’homme d’affaires bénéficie d’un procès équitable, rejetant toute ingérence étrangère dans ce qu’elles considèrent comme une affaire de sécurité nationale.
Ce jugement à venir devrait peser lourdement sur la perception internationale de Hong Kong, longtemps vanté pour son système judiciaire indépendant, et désormais au cœur des critiques quant à la mainmise grandissante de Pékin.