Dimanche soir, dans les rues d’Erevan, Emmanuel Macron a glissé quelques mots qui pèsent lourd dans le Caucase. Le président français a annoncé qu’il s’entretiendrait avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev à l’issue du sommet de la Communauté politique européenne (CPE), avec en ligne de mire le sort des Arméniens toujours détenus en Azerbaïdjan.
À une journaliste qui l’interrogeait sur l’aide possible de la communauté internationale, il a lâché, sec: « Négociation! ». Paris, a-t-il insisté, veut continuer à « jouer son rôle de médiateur » entre Bakou et Erevan, tout en saluant une « baisse de toutes les tensions » et « une nouvelle phase » dans la relation entre les deux voisins.
Une paix signée, des cellules qui restent fermées
Le décor, lui, n’a rien d’un conte diplomatique: le conflit autour du Haut-Karabakh, longtemps enclave arménienne au sein de l’Azerbaïdjan, a basculé après l’offensive éclair de 2023 et l’exode de plus de 100 000 Arméniens vers l’Arménie. Depuis, la question des détenus est devenue l’ombre portée de toute normalisation, même après l’accord signé à Washington en août 2025 sous l’égide de Donald Trump pour tourner la page de décennies d’affrontements.
Bakou assure juger des suspects de crimes graves dans un cadre judiciaire national, quand Erevan et des défenseurs des droits humains dénoncent des procédures politiques et réclament des garanties. Pour la France, le chemin est étroit, car sa proximité affichée avec l’Arménie a déjà crispé l’Azerbaïdjan, et chaque mot compte quand la paix s’écrit encore au conditionnel.
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