Droits de douane : l’UE taxe maïs, riz, cosmétiques et motos américaines pour riposter à Trump
Droits de douane : l’UE taxe maïs, riz, cosmétiques et motos américaines pour riposter à Trump

Face à la nouvelle salve de droits de douane imposés par Donald Trump, l’Union européenne contre-attaque. Ce mercredi 9 avril, les 27 États membres ont approuvé une première série de surtaxes visant une large gamme de produits américains. Objectif : répondre « fermement mais proportionnellement » à une guerre commerciale qui menace l’économie du continent.

Maïs, riz, jus d’orange… premières cibles de Bruxelles

Dès le 15 avril, plusieurs produits agricoles et alimentaires américains verront leurs prix augmenter à l’importation : le maïs, le riz, les légumes surgelés, le jus de fruits et certains cosmétiques seront taxés à hauteur de 25 %. Cette mesure fait écho à celle appliquée depuis le 12 mars par Washington sur l’acier et l’aluminium européens.

Une deuxième vague de sanctions est prévue le 16 mai. Elle visera notamment la volaille, les motos, les réfrigérateurs, le tabac, l’acier et certaines matières plastiques comme le polyéthylène. Enfin, à compter du 1er décembre, le soja et les amandes américaines seront également surtaxés.

Un dispositif étalé dans le temps pour coller aux règles de l’OMC

L’ensemble des produits ciblés représentent 22 milliards d’euros d’importations en provenance des États-Unis. Un montant inférieur aux 26 milliards d’euros d’exportations européennes touchées par les droits américains, mais qui pourrait croître avec de nouvelles annonces prévues à la mi-avril.

Cette riposte graduée respecte le cadre imposé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui impose un délai de consultation avant toute mesure commerciale unilatérale. Soucieuse d’éviter une escalade incontrôlable, Bruxelles a exclu de cette liste certains produits sensibles comme le bourbon ou les produits laitiers, afin de protéger les secteurs viticoles et agroalimentaires européens. La France, l’Italie et l’Irlande ont particulièrement pesé dans ces arbitrages.

Mais la Commission européenne n’exclut pas de frapper plus fort. Un nouvel arsenal pourrait être activé prochainement, visant cette fois les géants du numérique ou du secteur bancaire américain. Le fameux « instrument anti-coercition », sorte de « bazooka » commercial adopté en 2023, permettrait à l’UE de bloquer des investissements ou d’exclure certains groupes américains des marchés publics européens.

Cette nouvelle étape dans la guerre commerciale UE–États-Unis intervient dans un contexte de fragilité économique en Europe. La Banque de France a déjà abaissé ses prévisions de croissance à 0,7 % pour 2025, et Paris a annoncé un effort budgétaire supplémentaire de 5 milliards d’euros pour faire face à la crise.

Alors que les surtaxes américaines frappent désormais l’ensemble des produits européens à hauteur de 20 %, et les véhicules à 25 %, les conséquences pourraient s’étendre à de nombreux secteurs, du vin à l’aéronautique. Et le bras de fer est loin d’être terminé.

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