DAMAS/WASHINGTON — Une Trump Tower à Damas, des relations normalisées avec Israël et un accès privilégié aux ressources énergétiques syriennes : telles sont les offres ambitieuses du nouveau pouvoir syrien pour tenter de regagner la faveur des États-Unis. À la tête de cette initiative diplomatique audacieuse, le dirigeant syrien Ahmed al-Sharaa cherche à provoquer une rencontre directe avec le président Donald Trump lors de sa tournée au Moyen-Orient cette semaine.
Selon plusieurs sources proches du dossier, les efforts sont orchestrés en partie par Jonathan Bass, militant américain pro-Trump, qui a rencontré Sharaa fin avril à Damas. Ensemble, ils espèrent convaincre Trump que le moment est venu de tourner la page de l’isolement syrien. Bass rapporte que Sharaa lui a même confié son souhait de voir une Trump Tower s’élever à Damas, symbole d’ouverture économique et de paix avec les voisins de la Syrie, notamment Israël.
Depuis la chute de Bachar al-Assad en janvier, Damas peine à sortir de son isolement international, entravé par les sanctions économiques américaines et la désignation de Sharaa comme terroriste par Washington. Pour séduire Trump, Damas mise sur des propositions commerciales et sécuritaires : exploitation pétrolière, coopération contre l’Iran, et même des négociations indirectes avec Israël, facilitées par les Émirats arabes unis.
Toutefois, la perspective d’une rencontre entre Trump et Sharaa reste très incertaine. Selon des sources diplomatiques, si une réunion de haut niveau entre représentants syriens et américains pourrait avoir lieu en marge du déplacement présidentiel, elle n’impliquerait pas directement Trump. L’administration reste divisée sur la stratégie à adopter envers la Syrie, oscillant entre préoccupations sécuritaires et considérations diplomatiques.
Le Département d’État américain n’a pas souhaité commenter ces discussions, tandis que le Conseil de sécurité nationale a indiqué que toute évolution dans les relations bilatérales dépendrait des « actions concrètes » de Damas, notamment sur la question du retrait des combattants étrangers.
Face à l’intensification des frappes israéliennes en Syrie, Sharaa a aussi confirmé des discussions indirectes avec Israël, visant à désamorcer les tensions. Malgré un message de conciliation adressé à Tel Aviv, Israël a répliqué par une frappe près du palais présidentiel, rappelant la fragilité des équilibres en jeu.
Si la perspective d’une Trump Tower à Damas relève encore de la diplomatie de l’imaginaire, elle illustre bien la volonté du régime syrien de s’aligner sur un langage qui pourrait parler à Washington : celui des affaires, du prestige et de la realpolitik. Reste à savoir si Donald Trump saisira cette branche d’olivier tendue depuis une capitale en ruines, mais en quête de réhabilitation.