Le Brésil n’est pas parvenu à conclure mercredi l’accord climatique rapide qu’il espérait lors de la COP30, même si le président Luiz Inácio Lula da Silva a affiché son optimisme quant aux avancées possibles dans les deux derniers jours du sommet. Les discussions ont été ralenties par des divergences persistantes entre près de 200 pays sur plusieurs dossiers majeurs, notamment la transition énergétique et le financement climatique.
Les organisateurs brésiliens ambitionnaient d’obtenir l’aval d’un texte révisé portant sur les questions les plus sensibles, comme l’avenir des combustibles fossiles. Ce projet d’accord, initialement attendu mercredi, n’a toutefois pas été publié et a été repoussé au lendemain. Lula a passé la journée en réunions avec les délégations des principaux blocs de négociation, se disant convaincu que les négociateurs brésiliens obtiendraient « le meilleur résultat qu’une COP ait jamais pu offrir à la planète ».
Les discussions portent en grande partie sur la possibilité de définir une feuille de route mondiale pour organiser la transition hors des énergies fossiles, responsables de l’essentiel des émissions alimentant le réchauffement climatique. Si plusieurs dizaines de pays, dont l’Allemagne, le Kenya ou la Grande-Bretagne, soutiennent cette démarche, moins de la moitié des États présents au sommet l’ont approuvée publiquement. Pour tenter d’élargir le consensus, l’Union européenne a soumis une proposition non prescriptive fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles.
Certains pays s’opposent toutefois fermement à la mise en place d’une telle feuille de route. Le Vanuatu a fait savoir que l’Arabie saoudite figurait parmi les États rejetant l’idée d’un plan destiné à organiser la sortie des combustibles fossiles. D’autres nations insulaires menacées par la montée des eaux jugent au contraire la question existentielle et affirment qu’elles devront « se battre bec et ongles » pour que la transition énergétique figure dans le texte final.
Le financement de la transition pour les pays les plus vulnérables, ainsi que les moyens de réduire l’écart entre les engagements actuels et les baisses d’émissions nécessaires, restent également des points de friction. L’absence des États-Unis, premier émetteur historique de gaz à effet de serre, plane sur les négociations et complique la recherche d’un compromis global.
En marge des discussions, un différend diplomatique a été quasiment réglé : la Turquie accueillera la COP31 en 2026, tandis que l’Australie pilotera les négociations, à la suite d’un compromis entre les deux pays. Les prochaines heures seront décisives pour savoir si la COP30 pourra aboutir à un accord ambitieux ou s’ajoutera à la liste des sommets prolongés faute de consensus.