ZFE : le bloc central saisit le Conseil constitutionnel, la bataille change de terrain
ZFE : le bloc central saisit le Conseil constitutionnel, la bataille change de terrain

Dans l’air déjà chargé autour des zones à faibles émissions, un nouvel épisode vient ajouter du bruit au moteur politique. Des députés du bloc central ont saisi le Conseil constitutionnel après l’adoption de dispositions visant à supprimer les ZFE, glissées dans un texte de simplification. Le symbole est fort: ceux qui gouvernent ou soutiennent le gouvernement demandent aux Sages de trancher, preuve que le dossier est devenu explosif jusque dans les rangs censés tenir la ligne.

Derrière la procédure, il y a une question simple: le Parlement a-t-il voté proprement et clairement un changement aussi lourd de conséquences pour les grandes agglomérations, ou a-t-on assisté à un empilement d’amendements, au risque du cavalier législatif? Les ZFE, pensées pour réduire la pollution de l’air via les vignettes Crit’Air, ont été renforcées ces dernières années par les grandes lois sur les mobilités et le climat. Les faire disparaître d’un coup, au détour d’un texte de simplification, n’a rien d’anodin, ni pour les maires qui organisent la circulation, ni pour l’État qui promet des résultats sanitaires.

Le droit, nouveau rond-point du bras de fer

Le Conseil constitutionnel devra donc dire si la marche arrière respecte la Constitution, sur la forme comme sur le fond. Au cœur du débat, on retrouve l’équilibre délicat entre protection de la santé publique et égalité devant la loi, avec une France qui respire mal et une France qui roule vieux. La pollution de l’air n’est pas une abstraction de technocrates: les particules fines sont associées à des dizaines de milliers de décès chaque année, un chiffre qui revient comme un boomerang à chaque discussion sur les restrictions urbaines.

Mais l’autre boomerang, c’est l’acceptabilité sociale. Pour beaucoup de ménages modestes, d’artisans, d’aides à domicile, la voiture n’est pas un confort, c’est la condition du salaire à la fin du mois. Les ZFE ont souvent donné l’impression d’un couperet décidé depuis le centre, avec des calendriers changeants, des dérogations illisibles et des aides jugées trop faibles ou trop complexes. Résultat: la promesse d’un air plus propre se heurte à une réalité têtue, celle d’un parc automobile inégal et d’une mobilité à deux vitesses.

En choisissant l’arbitrage constitutionnel, le bloc central déplace la bataille dans un lieu plus froid, plus technique, mais pas moins politique. Si les Sages censurent, les partisans des ZFE crieront au retour de la cohérence juridique, leurs opposants dénonceront un déni démocratique; s’ils valident, les métropoles devront gérer la suite dans un climat déjà électrique. Reste une certitude: sur les ZFE, la France n’a pas fini de chercher la bonne voie, entre santé, justice sociale et méthode de gouvernement.

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