Un juge américain ordonne à l’administration Trump de permettre le retour d’un expulsé guatémaltèque persécuté
Un juge américain ordonne à l’administration Trump de permettre le retour d’un expulsé guatémaltèque persécuté

BOSTON – Un juge fédéral a ordonné vendredi à l’administration du président Donald Trump de faciliter le retour aux États-Unis d’un ressortissant guatémaltèque homosexuel, expulsé à tort vers le Mexique malgré des risques avérés de persécution. Cette décision intervient après que les autorités américaines ont reconnu une erreur de procédure dans le traitement de son dossier.

Identifié sous les initiales « OCG », l’homme avait fui le Guatemala en 2024 après avoir reçu des menaces de mort en raison de son orientation sexuelle. Entré aux États-Unis par le Mexique en mai de la même année, il avait été, selon ses avocats, enlevé et violé dans le pays voisin. Malgré cela, il a été renvoyé à la frontière mexicaine par les autorités américaines, deux jours seulement après qu’un juge de l’immigration avait estimé qu’il méritait une protection contre son expulsion vers le Guatemala.

Le juge Brian Murphy, du district de Boston, a vivement critiqué les autorités, qualifiant l’affaire d’« horreur » et de « troublante ». Il a souligné dans sa décision que l’homme n’avait manifestement pas bénéficié des garanties procédurales constitutionnelles. « La procédure régulière est binaire : soit on l’obtient, soit on ne l’obtient pas. Et OCG ne l’a pas obtenue », a écrit le magistrat, nommé sous l’administration Biden.

Le ministère de la Justice avait initialement affirmé qu’OCG n’avait pas exprimé de crainte à l’idée d’être renvoyé au Mexique. Mais après vérification, il s’est avéré qu’aucun agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) ne pouvait confirmer avoir mené une telle évaluation. Le gouvernement a depuis reconnu que son expulsion résultait d’informations erronées.

L’affaire s’inscrit dans un recours collectif plus large intenté par OCG et d’autres migrants visant à empêcher l’administration Trump de procéder à des expulsions expéditives vers des pays tiers sans examen préalable des risques encourus. Cette décision rappelle également un autre cas récent, celui de Kilmar Abrego Garcia, expulsé illégalement vers le Salvador malgré une ordonnance judiciaire le protégeant.

Trina Realmuto, avocate de l’OCG à la National Immigration Litigation Alliance, s’est dite « ravie » par la décision du juge Murphy. Elle a indiqué que son équipe travaillait désormais à organiser le retour de son client, qui se cache actuellement au Guatemala par crainte de représailles.

Ni la Maison Blanche ni le département de la Sécurité intérieure n’ont souhaité commenter cette décision pour l’instant.

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