La tension monte autour de l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, alors que la Cour suprême du pays a menacé de l’arrêter si ses interviews venaient à être publiées sur les réseaux sociaux. Cette décision, rapportée lundi, intervient dans le cadre des restrictions judiciaires déjà en place à l’encontre de Bolsonaro, visé par plusieurs enquêtes, notamment pour tentative présumée de coup d’État.
L’ordonnance de la Cour interdit formellement à Bolsonaro de s’exprimer dans les médias de manière à contourner les interdictions qui pèsent sur lui en matière de communication publique. En particulier, la diffusion de ses propos sur des plateformes comme YouTube, X (ex-Twitter) ou Instagram pourrait constituer une violation directe de cette mesure, et entraîner une arrestation immédiate.
Le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qui supervise les principales procédures à l’encontre de l’ancien président, a souligné que toute tentative de Bolsonaro de mobiliser l’opinion publique ou d’influencer le débat politique par le biais de réseaux sociaux serait considérée comme une atteinte aux décisions judiciaires. Il a donné un délai strict à ses avocats pour expliquer leur stratégie de communication, sous peine de sanctions.
Cette décision judiciaire survient alors que Jair Bolsonaro, de plus en plus isolé politiquement, multiplie les apparitions dans les médias traditionnels et les cercles conservateurs. Lors d’un récent entretien à Brasília, il a critiqué les politiques commerciales américaines vis-à-vis du Brésil, tout en niant à nouveau toute implication dans des projets de subversion institutionnelle après sa défaite électorale.
Les juristes brésiliens restent partagés sur la portée de ces restrictions. Certains estiment qu’elles pourraient être contestées sur le terrain de la liberté d’expression, tandis que d’autres soutiennent qu’elles sont justifiées par la nécessité de prévenir de nouvelles incitations à la désobéissance civile ou à la violence politique.
Bolsonaro, déjà privé de ses droits civiques jusqu’en 2030, voit ainsi son champ d’action politique et médiatique se réduire encore davantage. Ses soutiens dénoncent une persécution judiciaire, tandis que ses opposants saluent la fermeté d’une justice qui entend tirer les leçons des troubles institutionnels survenus à l’issue de son mandat. Dans tous les cas, l’étau se resserre autour de l’ancien président, qui pourrait désormais risquer la prison s’il continue à s’exprimer publiquement sans respecter les conditions imposées par la justice.