Brésil : Lula assouplit les licences environnementales mais bloque les mesures les plus controversées
Brésil : Lula assouplit les licences environnementales mais bloque les mesures les plus controversées

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a promulgué vendredi une loi réduisant certaines contraintes liées à l’octroi de licences environnementales, tout en opposant son veto à de nombreuses dispositions jugées excessives par son gouvernement. Le texte, qualifié de « projet de loi de dévastation » par les organisations écologistes, avait été adopté par le Congrès avec le soutien appuyé du puissant secteur agroalimentaire, qui y voyait un moyen de faciliter l’expansion de ses activités, y compris dans des zones sensibles sur le plan écologique.

La nouvelle loi transfère davantage de pouvoir aux États et aux municipalités pour délivrer des autorisations de développement commercial, allégeant ainsi les procédures fédérales. Les partisans de la réforme affirment qu’elle permettra de réduire la bureaucratie et de stimuler l’économie, tandis que ses opposants redoutent un affaiblissement drastique des contrôles environnementaux.

Selon la secrétaire exécutive de la présidence, Miriam Belchior, Lula a maintenu « des avancées significatives dans la rationalisation du processus d’octroi de licences » mais a jugé nécessaire de supprimer ou d’amender certaines mesures afin de « préserver l’intégrité du processus, assurer la sécurité juridique et protéger les droits des communautés indigènes et quilombolas ».

Au total, 63 articles sur près de 400 ont été modifiés ou annulés : 26 ont été supprimés purement et simplement, tandis que 37 seront réécrits ou remplacés par un texte alternatif. Parmi les dispositions écartées figurent certaines qui, selon les critiques, auraient permis l’approbation accélérée de projets à fort impact environnemental sans évaluation rigoureuse.

Le gouvernement présentera rapidement un nouveau projet de loi en procédure d’urgence constitutionnelle. Celui-ci prévoit notamment la création d’une « licence environnementale spéciale », destinée à accélérer les projets stratégiques tout en comblant les vides juridiques laissés par les vetos présidentiels.

Cette décision illustre la volonté de Lula de trouver un équilibre délicat entre les impératifs de développement économique et les engagements environnementaux du Brésil, dans un contexte de pressions politiques fortes exercées par le secteur agricole et les défenseurs de l’Amazonie.

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