Royaume-Uni - un tribunal rejette la demande d’expulsion de demandeurs d’asile d’un hôtel au centre de vives tensions (AP)
Royaume-Uni - un tribunal rejette la demande d’expulsion de demandeurs d’asile d’un hôtel au centre de vives tensions (AP)

Un tribunal britannique a rejeté, mardi, la demande du conseil du district d’Epping Forest visant à expulser des demandeurs d’asile logés à l’hôtel Bell d’Epping, au nord de Londres, devenu un symbole des tensions locales autour de la question migratoire.

Le conseil municipal affirmait que l’établissement n’avait pas de permis d’urbanisme pour être utilisé comme centre d’hébergement. Le ministère de l’Intérieur s’y est opposé, estimant qu’une expulsion risquerait de compromettre la fourniture d’un logement d’urgence pour les demandeurs d’asile et d’alimenter de nouvelles manifestations violentes.

Le juge Tim Mould a reconnu que l’usage de l’hôtel enfreignait le droit de l’urbanisme, mais a refusé d’ordonner une évacuation immédiate, soulignant le besoin pressant d’hébergements temporaires pour les milliers de migrants arrivés récemment au Royaume-Uni.

Cette affaire survient alors que le gouvernement travailliste de Keir Starmer prévoit de fermer tous les hôtels pour migrants d’ici 2029, une mesure présentée comme nécessaire pour rétablir la maîtrise de la politique migratoire. Fin juin, plus de 30 000 demandeurs d’asile étaient encore logés dans des hôtels à travers le pays.

La décision judiciaire a suscité la colère de plusieurs élus conservateurs. Chris Philp, porte-parole du parti pour les affaires intérieures, a dénoncé « un jour sombre pour la démocratie locale » et une « gifle pour les habitants d’Epping ».

Depuis l’été, le Bell Hotel est devenu un point de ralliement de manifestants après qu’un résident éthiopien, Hadush Gerberslasie Kebatu, a été condamné pour agression sexuelle avant d’être libéré par erreur, provoquant une brève chasse à l’homme.

Des associations humanitaires, dont Freedom from Torture, ont pour leur part dénoncé la récupération politique et la montée des violences.
« Les manifestations et les débordements ont traumatisé des survivants de guerre et de torture, qui n’osent plus sortir ou emmener leurs enfants à l’école », a déclaré Sile Reynolds, responsable du plaidoyer de l’organisation.

Alors que les traversées de la Manche atteignent des niveaux record, le débat sur la gestion des demandeurs d’asile continue de diviser profondément la société britannique entre impératif humanitaire et crispation identitaire.

Que retenir rapidement ?

Un tribunal britannique a rejeté, mardi, la demande du conseil du district d’Epping Forest visant à expulser des demandeurs d’asile logés à l’hôtel Bell d’

Partager