Le Canada enregistre une augmentation notable des demandes d’asile déposées par des citoyens américains, selon des données publiées jeudi par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Au premier semestre 2025, plus d’Américains ont sollicité le statut de réfugié que durant l’ensemble de l’année 2024, atteignant le chiffre le plus élevé depuis 2019.
De janvier à juin, 245 citoyens américains ont déposé une demande d’asile, sur environ 55 000 au total. Bien que leur part reste marginale, ce chiffre dépasse les 204 demandes enregistrées sur toute l’année 2024. Historiquement, le Canada accepte très peu de requêtes en provenance des États-Unis, considérés comme un pays sûr. De plus, un accord bilatéral prévoit que les migrants transitant par le territoire américain doivent demander asile dans ce premier pays jugé sûr, sous peine d’être refoulés à la frontière.
Les données officielles ne précisent pas les motifs invoqués par les demandeurs. Cependant, huit avocats interrogés par Reuters affirment constater une hausse des sollicitations émanant de personnes transgenres américaines. Certaines cherchent à fuir les récentes restrictions imposées par Washington et plusieurs États sur l’accès aux soins médicaux de transition, la participation à certaines activités sportives ou encore l’utilisation des espaces publics genrés.
Reuters a notamment recueilli le témoignage d’une femme trans originaire d’Arizona, arrivée au Canada en avril pour déposer sa demande, ainsi que celui d’une mère venue solliciter l’asile pour sa jeune fille trans.
Depuis son retour à la Maison Blanche, le président Donald Trump a soutenu plusieurs mesures limitant les droits des personnes trans, appuyées par des décisions de la Cour suprême. Ces politiques concernent notamment l’accès aux soins d’affirmation de genre, le service militaire, l’usage des toilettes publiques et l’inclusion dans certaines compétitions sportives.
Pour obtenir l’asile au Canada, les demandeurs américains devront convaincre les autorités qu’aucun endroit aux États-Unis n’offre de sécurité suffisante pour eux, un seuil juridique particulièrement difficile à franchir dans le cadre des relations bilatérales.