C'était un 5 mai : La mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène
C'était un 5 mai : La mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène

Le 5 mai 1821, à 17 h 49, Napoléon Ier s’éteint dans sa maison de Longwood, sur l’île de Sainte-Hélène, perdue dans l’Atlantique sud à près de 1 850 kilomètres des côtes africaines. Il n’a pas encore cinquante-deux ans. Alité depuis le 17 mars, rongé par des douleurs atroces à l’estomac, affaibli par des vomissements incessants, il avait passé ses dernières heures dans un état comateux, prononçant à peine quelques mots. Ses compagnons d’exil s’étaient réunis à son chevet dès le matin, pressentant que cette journée serait la dernière. Le lendemain, le gouverneur britannique de l’île, sir Hudson Lowe, vint constater officiellement la mort du « général Bonaparte », titre qu’il s’obstinait à lui donner pour lui refuser tout rang impérial. En sortant de Longwood, il déclara à son entourage : « C’était le plus grand ennemi de l’Angleterre et le mien aussi ; mais je lui pardonne tout. »

De Waterloo à Sainte-Hélène : la chute d’un empire

Pour comprendre la mort de Napoléon, il faut remonter à l’été 1815. Vaincu à Waterloo le 18 juin, contraint d’abdiquer une seconde fois, l’Empereur est mis hors la loi par les puissances européennes réunies au congrès de Vienne. Il rejoint Rochefort avec l’espoir de fuir aux États-Unis, mais la flotte anglaise bloque le port. Acculé, il se livre aux Britanniques, qui le transfèrent à Sainte-Hélène, île choisie précisément pour l’impossibilité quasi absolue de s’en évader. On lui accorde quelques officiers, leurs épouses, un valet de chambre, un maître d’hôtel, un chirurgien et quelques domestiques. Tout ce petit monde s’installe dans la maison de Longwood, vaste bâtisse en partie délabrée battue par les vents et l’humidité. Pendant près de deux mille jours d’exil, Napoléon occupe ses journées à dicter ses mémoires et ses réflexions au comte de Las Cases, puis à Bertrand, Gourgaud et Montholon. De cette captivité naîtra le Mémorial de Sainte-Hélène, publié dès 1823, qui connaîtra un succès immédiat et fondera durablement la légende napoléonienne. Dès mars 1820, de violentes douleurs abdominales commencent à le terrasser. Son état se dégrade rapidement, jusqu’à l’agonie des derniers jours d’avril 1821 et la dose mortelle de calomel, un chlorure de mercure toxique, administrée contre l’avis de son médecin corse Antommarchi par ses confrères britanniques, qui précipite sa fin.

Une mort entourée de mystère, une légende immortelle

L’autopsie pratiquée le 6 mai 1821 par le docteur Antommarchi en présence de sept médecins britanniques conclut officiellement à un ulcère gastrique chronique perforé, évoluant vraisemblablement vers un cancer de l’estomac, maladie dont était mort son père Charles Bonaparte. Cette version, retenue par la majorité des historiens spécialistes, a toutefois été contestée à partir de 1961 par le toxicologue suédois Sten Forshufvud, qui évoqua le premier un empoisonnement à l’arsenic sur la base d’analyses de mèches de cheveux. Des études ultérieures ont montré que les taux d’arsenic observés dans ces cheveux étaient certes élevés, mais comparables à ceux relevés chez d’autres personnages de l’époque, l’arsenic étant alors présent en abondance dans l’environnement quotidien. La thèse de l’empoisonnement criminel, bien que régulièrement relancée, demeure aujourd’hui rejetée par les historiens spécialistes. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la mort de Napoléon n’a pas mis fin à son emprise sur la France. En 1840, le président du Conseil Adolphe Thiers négocie le retour de ses cendres à Paris. Le transfert donne lieu à une cérémonie grandiose devant un million de Français qui crient encore « Vive l’Empereur ! ». Napoléon Ier repose depuis lors sous le dôme des Invalides. Son neveu Louis-Napoléon Bonaparte sera élu président de la République huit ans plus tard, avant de devenir Napoléon III.

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