Histoires des premières expériences nucléaires des grandes puissances
Histoires des premières expériences nucléaires des grandes puissances

Le monde a assisté aux premiers pas vers l’armement nucléaire durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque des scientifiques de plusieurs pays ont mené des recherches sur les réacteurs nucléaires et les armes à fission. Seuls les États-Unis ont alors réussi à concrétiser leurs projets ambitieux, en parvenant à isoler l’uranium-235 ou à produire du plutonium-239.

Quelques années plus tard, d’autres nations rejoignaient le club militaire nucléaire. Aujourd’hui, sur un stock mondial estimé à 12 121 ogives nucléaires, environ 9 585 sont conservées dans des arsenaux militaires pour un usage potentiel. Il est estimé que 3 904 de ces ogives sont déployées sur des missiles ou des avions, tandis que le reste est entreposé dans des centres de stockage.

Bien que la Russie et les États-Unis détiennent près de 90 % de l’ensemble des armes nucléaires existantes, cela ne diminue pas pour autant les capacités nucléaires des autres puissances, qui ont consenti d’immenses efforts pour acquérir ce type d’arme. Cela nous ramène à l’histoire de la manière dont les cinq grandes puissances ont testé pour la première fois leurs armes nucléaires.

Le « Projet Manhattan » aux États-Unis

L’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale en décembre 1941 fut décisive pour fournir les financements nécessaires à d’importants efforts de recherche et de production de matériaux fissiles. En mai 1942, une décision déterminante fut prise : poursuivre toutes les méthodes de production d’armes nucléaires. Quelques mois plus tard, le projet fut officiellement baptisé « Manhattan Engineering District », d’où son nom célèbre : le Projet Manhattan.

Dès 1944, le Projet Manhattan consommait plus d’un milliard de dollars par an. Dans ce cadre, le premier réacteur au plutonium fut mis en service à Hanford, mais il connut rapidement des problèmes techniques. Il fallut plusieurs mois pour résoudre une difficulté causée par un produit de fission absorbant les neutrons.
Ces retards modifièrent les plans initiaux, d’autant plus qu’il devenait évident que la guerre en Europe finirait avant que l’arme ne soit prête. Par conséquent, l’objectif final du projet s’est progressivement déplacé de l’Allemagne vers le Japon.

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