Au moins 55 Ghanéens ont été tués en combattant aux côtés de la Russie dans la guerre en Ukraine, a annoncé vendredi le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Selon lui, 272 ressortissants ghanéens ont été attirés dans le conflit depuis 2022, dont deux sont actuellement détenus comme prisonniers de guerre, d’après des informations communiquées par les autorités ukrainiennes.
En déplacement en Ukraine, le ministre a indiqué que les services ukrainiens avaient recensé 1 780 Africains originaires de 36 pays, recrutés par des réseaux criminels pour participer à la guerre contre Kiev. Le Ghana figure parmi les pays africains les plus touchés en termes de pertes humaines liées à ces enrôlements.
Plusieurs gouvernements africains ont récemment exprimé leur inquiétude face à ces recrutements, souvent réalisés à travers de fausses promesses d’emplois bien rémunérés ou de formations professionnelles. Au Kenya, un rapport de renseignement a affirmé qu’environ 1 000 ressortissants avaient été recrutés pour combattre pour la Russie après avoir été induits en erreur, tandis que des dizaines seraient hospitalisés ou portés disparus. Deux Nigérians ont également été tués fin 2025, selon les services de renseignement ukrainiens. En Afrique du Sud, onze ressortissants soupçonnés d’avoir été attirés vers la Russie sont rentrés cette semaine, et une enquête vise la fille de l’ancien président Jacob Zuma pour son implication présumée dans un réseau de recrutement.
« En tant que gouvernement responsable, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ces statistiques déchirantes », a déclaré Samuel Okudzeto Ablakwa. « Ce n’est pas notre guerre et nous ne pouvons pas permettre que notre jeunesse serve de bouclier humain pour d’autres. » Il a annoncé un renforcement des campagnes de sensibilisation et des efforts pour identifier et démanteler les réseaux illégaux opérant notamment via le dark web. Les deux Ghanéens capturés auraient, selon lui, mis en garde leurs compatriotes contre les incitations financières à rejoindre le conflit.