Gaza au bord du chaos : pillages en hausse alors que la famine s’aggrave sous blocus israélien
Gaza au bord du chaos : pillages en hausse alors que la famine s’aggrave sous blocus israélien

Les scènes de désespoir se multiplient à Gaza. Depuis mercredi, des groupes armés et des civils affamés ont pris d’assaut entrepôts humanitaires, boulangeries et commerces dans la bande de Gaza, ont rapporté samedi des témoins et des organisations d’aide, alors que les frappes israéliennes continuent de tuer des civils, notamment dans le sud du territoire.

Ces pillages, qui touchent notamment la ville de Gaza et ses environs, marquent une nette aggravation de l’effondrement de l’ordre public dans l’enclave palestinienne, après plus de deux mois de blocus total imposé par Israël. Le territoire, qui compte plus de deux millions d’habitants, traverse ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire depuis le début de la guerre, il y a près de 19 mois.

Selon des documents consultés par l’Associated Press, des individus armés ont pénétré par la force dans les installations du Programme alimentaire mondial, dans des cuisines communautaires, ainsi que dans des entrepôts de l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens. L’organisation a dénoncé une conséquence directe d’une « privation prolongée insupportable ».

Les incidents de pillage, qui avaient déjà été signalés par le passé, prennent aujourd’hui une tournure plus chaotique et moins organisée, selon les travailleurs humanitaires. Des affrontements armés ont été observés dans les rues de la ville de Gaza entre les pillards et les forces locales chargées de sécuriser les infrastructures de l’aide.

Les autorités locales, contrôlées par le Hamas, ont décrété un couvre-feu vendredi soir dans plusieurs artères principales de la ville. Le ministère de l’Intérieur de Gaza affirme avoir tué six suspects et blessé treize autres impliqués dans des actes de pillage au cours des dernières 48 heures.

Les frappes israéliennes se poursuivent parallèlement. Vendredi soir, un bombardement sur la ville de Khan Younès a fait au moins 17 morts, dont 11 membres d’une même famille et deux couples récemment mariés, selon les registres de l’hôpital Nasser. Une autre frappe a tué deux gardes et un enfant à Gaza-ville, selon le ministère de l’Intérieur.

Alors que les prix des denrées explosent et que les salaires sont inexistants, les Gazaouis se ruent sur les points de distribution de nourriture. « J’aimerais pouvoir ne serait-ce que trouver du pain », confie Faten Al-Sabbagh à Beit Lahia. « Mais il n’y a rien. »

L’ONU a récemment conclu une semaine d’audiences à La Haye pour exiger qu’Israël facilite enfin l’acheminement de l’aide humanitaire. En attendant, les pillages s’intensifient, la faim ronge la population et le spectre de l’anarchie plane sur Gaza.

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