À partir de lundi, une large partie des médecins de ville et des praticiens exerçant en clinique privée entamera une grève nationale de dix jours, avec des cabinets fermés et une activité fortement réduite dans de nombreux établissements. Les syndicats promettent un mouvement très suivi, qu’ils présentent comme l’un des plus importants qu’ait connus la profession depuis plusieurs décennies, en réaction aux orientations budgétaires et réglementaires adoptées pour 2026.
Les organisations dénoncent notamment un financement jugé insuffisant de la Sécurité sociale, un encadrement accru des prescriptions d’arrêts maladie, la possibilité de baisses de tarifs imposées et des menaces sur la liberté d’installation. Selon leurs estimations, une très large majorité des praticiens adhérents participerait au mouvement, tandis que les étudiants et jeunes médecins se sont joints à l’appel.
Blocs opératoires fermés et pression sur l’hôpital public
La grève doit monter en puissance au fil des jours. Dans les cliniques privées, l’activité chirurgicale sera progressivement réduite avant un arrêt quasi total à l’approche d’une manifestation nationale prévue à Paris le 10 janvier. Les patients non urgents pourraient être réorientés vers l’hôpital public, déjà fragilisé par les tensions hivernales, ce qui fait craindre une saturation des services.
Le ministère de la Santé assure anticiper les perturbations et affirme vouloir rouvrir le dialogue, notamment sur les modes de rémunération. Des garanties ont été avancées sur certaines mesures contestées, mais les syndicats les jugent insuffisantes et maintiennent la mobilisation, estimant que seule une inflexion concrète des politiques actuelles permettra de sortir de l’impasse.