Ce lundi 19 mai, la circulation s’annonce compliquée dans plusieurs métropoles françaises, notamment à Paris, Marseille, Lyon ou encore Toulouse. En cause : une grève nationale des taxis contre la nouvelle tarification du transport de patients, qui suscite une vive opposition dans la profession. À Paris, une opération escargot est prévue, tandis qu’une « opération blanche » affectera directement les transports médicaux. À Pau, ville dirigée par le Premier ministre Gabriel Attal, les syndicats comptent frapper fort.
Un forfait unique qui inquiète les professionnels
La réforme contestée, dévoilée jeudi par l’Assurance maladie, impose un forfait de 13 euros pour la prise en charge des patients, ainsi qu’un tarif kilométrique unifié par département. Objectif : réduire la facture des transports sanitaires remboursés par la Sécurité sociale, qui s’est envolée pour atteindre près de 7 milliards d’euros en 2024, dont 3 milliards pour les seuls taxis conventionnés. Mais les syndicats redoutent une chute brutale du chiffre d’affaires pour de nombreux chauffeurs – jusqu’à 30 % selon leurs estimations – et dénoncent la fin de la tarification au taximètre.
Des risques pour l’accès aux soins dans les zones rurales
Outre l’impact économique, les représentants des taxis pointent aussi un risque pour les patients. La réforme pourrait entraîner, selon eux, une réduction de l’offre de transport, en particulier dans les zones rurales déjà sous-dotées, accentuant les inégalités d’accès aux soins. Ils s’insurgent aussi contre « l’impunité » accordée aux plateformes VTC, accusées de contourner les règles. L’Assurance maladie affirme pourtant que deux tiers des départements, notamment les plus ruraux, bénéficieront de la réforme. Un argument qui peine à calmer la colère des chauffeurs, bien décidés à faire plier le gouvernement.