À Villeurbanne, les agents municipaux de catégorie C perçoivent depuis fin février un salaire minimum de 1 632 euros nets par mois, soit bien au-dessus du SMIC fixé à 1 426 euros. Cette décision, qui concerne 1 420 agents sur les 2 500 que compte la commune, s’inscrit dans une promesse de campagne des élus socialistes. « C’est clairement un choix politique », assume Olivier Glück, adjoint au maire en charge des ressources humaines. La mesure représente un coût d’environ un million d’euros par an pour la collectivité.
Une gestion saluée mais critiquée
Pour financer cette revalorisation salariale, la municipalité affirme avoir puisé dans les économies laissées par la précédente équipe. Une prime annuelle de 500 euros pour tous les agents est également prévue à partir de 2026. À Lyon, la ville voisine dirigée par un maire écologiste, une revalorisation globale de 1 000 euros par an a également été mise en place, accompagnée de mesures sociales comme des titres-restaurants ou une mutuelle renforcée.
Du côté des bénéficiaires, la satisfaction est palpable. Ahmed, employé municipal et père de trois enfants, estime gagner près de 150 euros supplémentaires par mois. « Cette augmentation est la bienvenue », confie-t-il. L’adjoint lyonnais Laurent Bosetti salue quant à lui l’initiative villeurbannaise et rappelle que les collectivités peuvent agir localement sur le régime indemnitaire, même si le point d’indice reste fixé nationalement.
Mais cette politique suscite aussi des critiques. L’ancien maire socialiste Jean-Paul Bret, qui pourrait se représenter en 2026, dénonce une « gestion inconséquente ». Selon lui, les nombreuses embauches et la hausse durable des dépenses de personnel risquent de compromettre l’équilibre financier futur de la commune : « Revaloriser les petits salaires, oui, mais pas sans réfléchir à la soutenabilité à long terme. »