L’Assemblée nationale s’apprête à reprendre, demain mardi 6 mai, l’examen d’un texte explosif. La proposition de loi transpartisane portée par le député socialiste Guillaume Garot pourrait bien poser un jalon historique : imposer une régulation à l’installation des médecins libéraux, en conditionnant toute nouvelle arrivée dans une zone « surdotée » au départ d’un confrère. Objectif affiché : endiguer les déserts médicaux, fléau territorial devenu enjeu politique majeur. Adopté en première lecture début avril à 155 voix contre 85, l’article phare du texte a semé la panique dans les rangs de la profession médicale, déjà fragilisée par des années de surcharge et une démographie en berne. En face, le gouvernement est resté prudent, préférant parier sur un « nouveau pacte » annoncé pour les semaines à venir. Mais la balle est dans le camp des députés.
Profession en ébullition, majorité divisée
Depuis l’adoption surprise du premier article, la contestation s’est intensifiée. Étudiants en médecine, internes, jeunes praticiens : les mobilisations se multiplient, portées par des syndicats libéraux qui dénoncent un « coup de force politique » et une « mesure contre-productive ». Pour eux, contraindre les médecins ne fera que les décourager de s’installer, sans créer un seul soignant de plus. Mais la pénurie de généralistes et la colère des territoires oubliés pèsent de plus en plus dans la balance. Dans l’opinion comme sur les bancs de l’Assemblée, les lignes bougent, et certains députés de la majorité ne cachent plus leur intérêt pour une solution encadrée. Le texte de Guillaume Garot, longtemps écarté, bénéficie cette fois d’un soutien inattendu… et peut-être suffisant pour franchir l’obstacle. Le vote définitif s’annonce tendu, et les enjeux sont colossaux : s’agit-il d’une avancée contre l’abandon des territoires ou d’un pas vers la désertification de la médecine libérale ? Verdict dans les prochaines heures.