Taxis vs VTC : le gouvernement cherche l’équilibre
Taxis vs VTC : le gouvernement cherche l’équilibre

À la suite de la grève nationale des taxis du 19 mai, le gouvernement a entamé un cycle de réunions avec les acteurs du transport de passagers. Objectif : rééquilibrer les règles du jeu entre taxis et VTC, dans un secteur tendu par la concurrence, la précarité et les fraudes.

Des sanctions ciblées, mais pas pour les plateformes

Dès le 1er juillet, trois nouvelles amendes viendront sanctionner les infractions les plus flagrantes : transport de clients sans réservation, défaut d’inscription au registre VTC, ou encore contournement des règles professionnelles. Mais l’exécutif entend frapper ailleurs : contre les « sociétés de rattachement », ces intermédiaires opaques souvent basés à l’étranger, qui exploitent des flottes de chauffeurs tout en échappant aux règles fiscales et sociales. Dès 2026, les plateformes devront précompter directement les cotisations sociales des chauffeurs. Côté dialogue social, l’instance créée en 2021 est jugée trop timide. Le gouvernement envisage de renforcer ses pouvoirs de sanction, notamment pour contraindre les plateformes à plus de transparence. Mais pas question, pour l’instant, de toucher au modèle économique de ces dernières.

Pas de délai d’attente imposé… pour l’instant

Très attendue par les taxis, la proposition d’instaurer un délai de réservation de 15 à 30 minutes pour les VTC reste en suspens : le gouvernement temporise, évoquant une expertise juridique en cours. Quant à la voie d’accès à la profession par équivalence, elle pourrait être durcie pour éviter les arrivées trop massives. Du côté des chauffeurs VTC, on pointe une autre réalité : la course au bas prix imposée par les plateformes, qui pousse à accepter des trajets mal rémunérés. Pour le président de l’Union nationale des taxis, l’État reste trop indulgent envers ces géants du numérique. Les annonces définitives sont attendues dans quinze jours. Mais une chose est claire : la guerre entre taxis et VTC se joue désormais sur le terrain des arbitrages politiques.

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