Retards des vols : vers un durcissement des conditions d’indemnisation
Retards des vols : vers un durcissement des conditions d’indemnisation

Un projet européen suscite l’inquiétude des associations de consommateurs : il pourrait remettre en cause le droit à indemnisation des passagers aériens victimes de retards. Actuellement, la réglementation prévoit une indemnisation dès trois heures de retard. Mais le texte en discussion envisage de repousser ce seuil à cinq heures minimum, voire à neuf heures selon la distance du vol. Une dizaine d’associations, dont l’UFC-Que Choisir, dénoncent une régression majeure des droits des voyageurs.

Un retour en arrière dénoncé par les associations

Selon les associations, 75 % des passagers impactés par des retards seraient exclus du droit à indemnisation si cette réforme entrait en vigueur. En effet, l’essentiel des retards constatés en Europe se situe entre deux et quatre heures. En plus de ce relèvement du seuil, le projet imposerait aux voyageurs d’effectuer eux-mêmes une démarche sous six mois pour obtenir compensation, remettant en cause le principe d’indemnisation automatique reconnu jusqu’à présent. Ce changement intervient alors que les compagnies aériennes enregistrent des bénéfices record. Les associations s’inquiètent d’un affaiblissement des droits des passagers au profit des compagnies, dans un contexte où seuls un tiers des voyageurs lésés bénéficient actuellement du dispositif d’indemnisation existant. La réforme, relancée par la présidence polonaise du Conseil de l’UE, pourrait être discutée d’ici la fin de l’année.

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