À quelques mois de l’ouverture de la COP30, prévue en novembre dans la ville amazonienne de Belém, la présidence brésilienne du sommet sur le climat appelle à la création de nouveaux mécanismes mondiaux pour renforcer l’application des engagements climatiques pris par les États. Dans une lettre publiée jeudi, le Brésil propose une refonte de la gouvernance climatique mondiale, estimant que les cadres actuels, notamment la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), manquent de moyens concrets pour faire respecter les objectifs fixés par l’Accord de Paris.
Cette initiative, portée par l’ambassadeur André Correa do Lago, président désigné de la COP30, relance une proposition formulée en novembre dernier par le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva lors du sommet du G20. Lula avait alors évoqué la création d’un Conseil des Nations Unies sur les changements climatiques, destiné à aider les pays à mettre en œuvre leurs engagements et à surmonter les blocages persistants dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le sommet de cette année marquera le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, signé en 2015, qui vise à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, voire à 1,5°C si possible. Or, les plans climatiques actuels n’enrayeraient le réchauffement qu’à hauteur de 2,6°C, selon les experts, en raison de difficultés persistantes dans la mise en œuvre des promesses nationales.
Dans sa lettre, la présidence de la COP30 souligne que l’Assemblée générale des Nations Unies — et non la COP elle-même — devrait être le lieu de discussion d’une réforme structurelle de la coopération climatique. Elle appelle à la mise en place de nouveaux outils institutionnels permettant un meilleur partage de données, une mutualisation des efforts et une coordination plus efficace entre acteurs publics et privés.
« La CCNUCC et l’Accord de Paris n’ont ni la force ni le mandat pour faire avancer efficacement l’action climatique », a déclaré Lago à la presse, plaidant pour une gouvernance climatique « plus forte » et mieux articulée à l’échelle mondiale. Si l’idée d’un Conseil onusien pour le climat n’est encore qu’au stade des discussions, elle devrait figurer en bonne place dans les échanges diplomatiques à venir de Lula avec d’autres dirigeants.
Selon une source au sein du gouvernement brésilien citée par Reuters, aucun résultat concret n’est attendu à court terme, mais l’initiative représente déjà « un premier effort convaincant » pour transformer la lutte contre le changement climatique.