Le Bangladesh met fin à la grève des douaniers et menace de sanctions
Le Bangladesh met fin à la grève des douaniers et menace de sanctions

DHAKA – Le gouvernement intérimaire du Bangladesh a ordonné dimanche la reprise immédiate du travail pour les agents des impôts et des douanes en grève, alors que le mouvement social entamé il y a deux jours a sérieusement perturbé les recettes publiques et paralysé les activités portuaires du pays, notamment au port stratégique de Chittagong.

Dans une déclaration ferme, les autorités ont exigé que les fonctionnaires fiscaux cessent « toute activité portant atteinte aux intérêts nationaux » et averti que des « mesures strictes » seraient prises en cas de refus d’obtempérer. « Les fonctionnaires et les employés doivent reprendre le travail immédiatement », stipule l’ordre publié par le gouvernement, soulignant que la continuité du service public est essentielle pour préserver l’économie du pays.

La grève a entraîné des retards significatifs dans le dédouanement des marchandises et provoqué des files d’attente massives de conteneurs au port de Chittagong, qui traite plus de 90 % du commerce extérieur du Bangladesh. Selon des responsables portuaires, des milliers de tonnes de marchandises sont restées bloquées, aggravant les tensions dans une économie déjà fragilisée par l’inflation et la dépréciation de la monnaie locale.

Les fonctionnaires du fisc et des douanes protestent contre une réforme administrative en cours qui, selon eux, menace leur statut et leurs conditions de travail. Le gouvernement a pour l’instant refusé de revenir sur cette réforme, invoquant la nécessité d’une modernisation des services publics dans un contexte de pression budgétaire croissante.

Muhammad Yunus, chef par intérim du gouvernement depuis le départ du précédent cabinet avant les élections prévues en octobre, a pris personnellement position pour un retour à l’ordre, soulignant l’importance de restaurer la confiance des investisseurs étrangers et des partenaires commerciaux.

La situation reste tendue dans plusieurs centres fiscaux du pays, et les syndicats n’ont pas encore officiellement réagi à l’injonction gouvernementale. Le spectre d’un bras de fer prolongé plane alors que le Bangladesh tente de maintenir la stabilité économique à l’approche d’un scrutin potentiellement volatile.

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