Mercredi, dans l’Allier, Emmanuel Macron a sorti la montre et le vocabulaire des grands chantiers. Devant le site de la future mine de lithium d’Imerys, le chef de l’État a annoncé une procédure accélérée pour 150 projets industriels et agricoles jugés stratégiques, avec un objectif clair, gagner jusqu’à deux ans sur les délais sans toucher, assure-t-il, au cadre de protection de l’environnement.
La recette revendiquée, un pilotage serré et des décisions plus rapides, façon « méthode Notre-Dame-de-Paris », déjà brandie comme modèle après la reconstruction de la cathédrale et l’organisation des Jeux olympiques. Le message est limpide, la France a trop vécu de services, elle veut remettre des machines dans l’atelier.
La « méthode Notre-Dame » appliquée aux usines
Derrière l’affichage, l’exécutif met sur la table des points de blocage connus des industriels, autorisations environnementales, permis de construire, foncier, raccordements, contentieux… L’Élysée chiffre l’ensemble à 71 milliards d’euros d’investissements et plus de 32.000 emplois dans 63 départements, quand Macron parle de « 150 cathédrales industrielles » et place les préfets en chefs d’orchestre du suivi.
Un décret publié au Journal officiel prévoit aussi une simplification du contentieux environnemental, autrement dit moins de temps perdu dans les recours, un choix assumé au nom de l’exécution rapide qui risque de tendre le dialogue avec associations et collectifs locaux. Au fond, la réindustrialisation version Macron avance sur une ligne étroite, aller vite, tenir les coûts, sécuriser l’énergie et les matériaux critiques, tout en évitant que l’accélérateur ne fasse sauter les garde-fous… et que la contestation ne reprenne la main sur le calendrier.
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