De nouveaux quartiers de haute sécurité verront le jour dans plusieurs prisons françaises au cours des prochains mois. Selon le ministère de la Justice, ces établissements seront installés à Valence, Aix-en-Provence et Réau, avant l’ouverture d’un quatrième site en Guyane d’ici fin 2026 ou début 2027, à Saint-Laurent-du-Maroni.
Une extension du dispositif contre la criminalité organisée
Tout juste reconduit à la tête du ministère de la Justice, Gérald Darmanin poursuit l’expansion des dispositifs ultra-sécurisés destinés aux détenus considérés comme les plus dangereux. Deux structures de ce type ont déjà vu le jour : la première à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, en service depuis l’été, et la seconde à Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, qui doit accueillir ses premiers prisonniers dans les semaines à venir. Ces quartiers sont conçus pour isoler totalement les criminels les plus menaçants, selon un régime inspiré du modèle antimafia italien. Ils font partie d’un plan plus large prévu par la loi de lutte contre le narcotrafic adoptée en avril et validée par le Conseil constitutionnel en juin.
Une mesure contestée en Guyane
La future ouverture d’un quartier de haute sécurité à Saint-Laurent-du-Maroni, ancienne colonie pénitentiaire devenue un point stratégique du trafic de drogue en Guyane, suscite des critiques. Plusieurs élus locaux y voient un symbole inquiétant de retour au bagne. Malgré ces réserves, le ministère maintient le projet, estimant qu’il s’agit d’un outil essentiel pour faire face à la criminalité organisée. Dans l’Hexagone, près de 90 détenus ont déjà été transférés à Vendin-le-Vieil, parmi lesquels Mohamed Amra, dont l’évasion en mai 2024 dans l’Eure avait coûté la vie à deux agents pénitentiaires. À terme, environ 200 détenus devraient être répartis entre Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe. Gérald Darmanin affirme que le dispositif commence à produire des effets, assurant que plusieurs prisonniers auraient demandé à quitter ces quartiers en raison de l’isolement imposé. Il reconnaît toutefois qu’il est encore trop tôt pour mesurer l’efficacité du système ou son impact sur la réinsertion et la sécurité publique.