Fabien Roussel secoue une nouvelle fois la gauche avec une proposition radicale : supprimer le revenu de solidarité active (RSA) et le remplacer par un « salaire » garanti en échange d’un emploi ou d’une formation. À l’occasion de la sortie de son livre ce jeudi Le parti pris du travail (Cherche Midi), le patron du PCF appelle à une réinvention du modèle social français, qu’il juge « mortifère » dans sa forme actuelle. Selon lui, le RSA « institutionnalise la pauvreté » et mine la dignité des bénéficiaires. Il plaide pour un dispositif qui assurerait à chaque Français « un emploi ou une formation, avec un vrai salaire à la clé ».
Ce projet repose sur la création d’une « Sécurité sociale de l’emploi et de la formation », financée par les cotisations et les budgets liés au chômage. Dans ce système, chaque chômeur aurait le droit d’exiger un poste ou une formation dans son secteur, sans perte de rémunération. Un modèle volontariste que Roussel articule avec un vaste plan d’investissement public pour « reconstruire l’appareil productif français », dans les secteurs industriels, agricoles, sanitaires et énergétiques. Il revendique une stratégie « disruptive », y compris vis-à-vis des règles budgétaires européennes qu’il juge obsolètes.
Une ligne sociale et républicaine face à la gauche « identitaire »
Dans une pique directe à Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel reproche à La France insoumise d’avoir troqué la « conscience de classe » contre la « conscience des identités ». Il revendique une ligne claire : parler à toute la classe ouvrière, quels que soient ses origines ou ses territoires. Cette approche, centrée sur la valeur travail, vise à reconquérir les ouvriers, employés et classes moyennes souvent tentés par l’abstention ou le vote RN. Il dénonce un discours trop abstrait et trop parisien chez ses alliés de gauche, et appelle à « reparler à la France des zones industrielles et des campagnes ».
Bien qu’il n’annonce pas officiellement sa candidature pour 2027, Fabien Roussel pose les bases d’un programme et se dit « disponible ». Il appelle à une candidature commune de la gauche, mais pas à n’importe quel prix : pas d’union « de façade », ni de compromis sur le fond. Son livre, autant manifeste que déclaration de campagne, affirme une volonté de recentrer la gauche autour d’un projet productif, républicain et social. Une orientation qui clive, mais qui assume de renouer avec les fondamentaux du communisme à la française.