Dans une démarche offensive contre le narcotrafic et la radicalisation, Gérald Darmanin a annoncé samedi la création d’un établissement pénitentiaire de haute sécurité à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. Prévue pour 2028, cette prison ultramoderne de 500 places dont 60 réservées aux narcotrafiquants les plus dangereux, marque une nouvelle étape dans la stratégie sécuritaire du gouvernement.
Le choix de la Guyane n’est pas anodin. Carrefour historique du bagne, Saint-Laurent-du-Maroni est aujourd’hui une plaque tournante du trafic de drogue, en particulier via les mules en provenance du Brésil. « Ma stratégie est simple : frapper la criminalité organisée à tous les niveaux », a déclaré le ministre de l’Intérieur, rappelant que l’objectif est de neutraliser les réseaux à la source, mais aussi de verrouiller les circuits jusqu’aux consommateurs en métropole.
Un signal fort dans la guerre contre le narcotrafic
La future prison, bâtie en pleine jungle, disposera d’un quartier spécifique pour 15 détenus islamistes ou radicalisés. Une manière claire de répondre à la menace sécuritaire sans détour. À 400 millions d’euros, le projet est présenté comme une nécessité stratégique pour la France, et non une dépense symbolique. « Cette prison sera un verrou dans la guerre contre le narcotrafic », insiste Darmanin, dont la politique sécuritaire s’inscrit dans une logique de fermeté et d’efficacité.
Déjà, les dispositifs douaniers et policiers mis en place dans ce territoire ultramarin commencent à porter leurs fruits. En 2024, les interpellations ont bondi de 24 %, entraînant une baisse spectaculaire de 62 % des saisies de cocaïne dans les aéroports parisiens. Avec cette nouvelle infrastructure, le ministre entend passer à la vitesse supérieure.