Coup de théâtre à Bruxelles : ce mardi 27 mai, les 27 États membres de l’UE ont validé l’exemption de près de 90 % des entreprises visées par la taxe carbone aux frontières. Un soulagement massif pour les PME européennes, qui dénonçaient depuis des mois la lourdeur administrative d’un mécanisme jugé hors-sol.
Le relèvement du seuil d’application à 50 tonnes de CO2 par importateur permet désormais à 182 000 entreprises, sur les 200 000 initialement concernées, d’échapper à l’obligation déclarative. Un ajustement salué par la France, représentée par le ministre Benjamin Haddad, qui y voit un « premier signal fort de simplification » sans perdre, selon Bruxelles, plus de 1 % d’efficacité environnementale.
Un allègement qui interroge sur la logique européenne
Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), censé s’attaquer à la concurrence déloyale des pays les plus pollueurs, voit donc sa portée considérablement réduite avant même son entrée en vigueur prévue en 2026. Pour les défenseurs du climat, c’est un recul qui risque de fragiliser la cohérence du Green Deal européen. Pour les entreprises, c’est une bouffée d’oxygène après des mois d’inquiétudes sur leur compétitivité.
Autre revirement majeur : la suspension des amendes prévues pour les constructeurs automobiles européens. Ceux-ci risquaient jusqu’à 15 milliards d’euros de pénalités pour ne pas avoir atteint les quotas de vente de véhicules électriques. Un paradoxe pointé par Paris, alors que ces industriels ont investi massivement dans l’électrification. Cette décision offre un répit temporaire à un secteur déjà fragilisé par la baisse de la demande.
La Commission von der Leyen tente désormais de corriger l’excès de normes imposé au nom de la transition verte. Mais en allégeant aujourd’hui une taxe qu’elle a elle-même imposée hier, l’Europe expose à nouveau ses incohérences réglementaires.