L’Institut d’études politiques de Lille a annulé l’inscription d’une étudiante originaire de Gaza, à la suite de la découverte de messages publiés sur les réseaux sociaux et jugés antisémites, haineux, et relevant de l’apologie du terrorisme. Plusieurs membres du gouvernement ont saisi la justice. Les publications en question, relayées notamment par l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF), contiendraient des propos extrêmement violents, évoquant notamment « l’extermination des Juifs » et des éloges à Hitler. L’association avait sommé l’établissement de réagir, estimant que Sciences Po ne pouvait « être une passerelle pour les discours néonazis ».
Une étudiante accueillie via la diplomatie française
Selon l’institut, cette étudiante avait été admise sur proposition du consulat général de France à Jérusalem, dans le cadre d’un programme d’accueil. Elle était hébergée temporairement dans un logement appartenant au directeur de l’établissement, en attendant d’être logée en résidence universitaire. La direction de Sciences Po Lille affirme avoir pris sa décision en concertation avec le ministère de l’Enseignement supérieur, le Rectorat et la Préfecture. Elle invoque une contradiction flagrante entre les publications de l’étudiante et les valeurs de l’école, qui se dit engagée dans la lutte contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et d’incitation à la haine.
Réactions politiques en chaîne
La décision a été saluée par plusieurs membres du gouvernement. Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a dénoncé l’échec des procédures de contrôle lors de la sélection de l’étudiante et affirmé avoir saisi le procureur de la République, en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale. De son côté, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a ordonné la fermeture du compte concerné sur les réseaux sociaux et affirmé que « les propagandistes du Hamas n’ont rien à faire dans notre pays ». La rectrice de la région académique, Sophie Béjean, a elle aussi signalé les faits à la justice, rappelant que « aucun propos antisémite et aucune apologie du terrorisme ne sont tolérables dans les établissements universitaires ».