Publications antisémites : une étudiante gazaouie quitte la France sous la pression diplomatique
Publications antisémites : une étudiante gazaouie quitte la France sous la pression diplomatique

La France a mis un terme au séjour de Nour Attaalah, étudiante gazaouie de 23 ans arrivée mi-juillet sur le territoire, après la révélation de messages antisémites attribués à ses anciens comptes sur les réseaux sociaux. Censée intégrer Sciences Po Lille à la rentrée, la jeune femme a quitté le territoire national ce dimanche 3 août, direction le Qatar, où elle poursuivra finalement ses études. Dans un communiqué lapidaire publié par le ministère des Affaires étrangères, le ton est sans détour : « Au vu de la gravité des propos relayés, Mme Attaalah ne pouvait demeurer sur le territoire national. » Sur X (ex-Twitter), le ministre Jean-Noël Barrot enfonce le clou : « Je l’avais dit, nous l’avons fait. » L’étudiante bénéficiait d’un visa, d’une bourse gouvernementale et d’un accueil prévu dans le cadre d’un programme destiné aux jeunes Gazaouis déplacés par la guerre. Elle n’avait passé que trois semaines sur le sol français.

Des messages violents, une enquête ouverte, des doutes persistants

Le cas de Nour Attaalah a pris une tournure politique dès que des internautes ont exhumé des messages particulièrement violents, notamment des appels à tuer des juifs, repartagés entre 2022 et 2023. Si ces publications ont été rapidement supprimées, leur diffusion a déclenché un feu politique immédiat, poussant l’institut Sciences Po Lille à suspendre l’inscription de la jeune femme, et le parquet à ouvrir une enquête pour apologie du terrorisme. L’AFP n’a pas pu authentifier les captures d’écran circulant en ligne. Pourtant, selon l’établissement, les propos sont bel et bien confirmés, sans qu’aucune précision ne soit fournie. De son côté, l’avocat de l’étudiante conteste fermement l’ensemble des accusations, estimant que les publications ont été sorties de leur contexte et ne relèvent en aucun cas d’un appel à la haine. Il évoque un départ volontaire « dans un esprit d’apaisement », validé en lien direct avec le ministère, afin de « préserver la sécurité » de sa cliente.

Suspension des évacuations humanitaires et vérification des profils

La polémique dépasse désormais le seul cas individuel. Le gouvernement a annoncé la suspension immédiate de tous ses programmes d’évacuation humanitaire depuis Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, date du déclenchement du conflit entre Israël et le Hamas, la France avait ouvert ses portes à plusieurs centaines de Gazaouis, accueillis sous condition, notamment pour des raisons médicales ou universitaires. Le Quai d’Orsay n’a pas précisé combien de personnes seraient concernées par ce gel. Tous les dossiers déjà validés vont désormais faire l’objet d’une nouvelle vérification. En filigrane, la crainte d’autres failles de filtrage, alors que l’opinion publique et plusieurs responsables politiques s’inquiètent d’un possible laxisme dans le contrôle de ces profils. Le cas Attaalah, devenu un symbole en quelques jours, pourrait ainsi durcir durablement les conditions d’accueil des réfugiés palestiniens en France.

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