Le Bangladesh interdit la Ligue Awami de l'ex-Première ministre Hasina après des manifestations massives
Le Bangladesh interdit la Ligue Awami de l'ex-Première ministre Hasina après des manifestations massives

Le gouvernement intérimaire du Bangladesh a annoncé samedi soir l’interdiction de toutes les activités de la Ligue Awami, le parti de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, en vertu de la loi antiterroriste. Cette décision fait suite à une série de manifestations massives menées par des étudiants et soutenues par plusieurs partis islamistes et de droite, exigeant que la formation politique soit reconnue comme une organisation terroriste.

L’interdiction restera en vigueur jusqu’à l’issue du procès de la Ligue Awami et de ses dirigeants devant le Tribunal pénal international. Ils sont accusés d’être responsables de la mort de centaines de manifestants lors des violences ayant précédé la chute de Hasina, en août dernier. Dans le cadre de cette mesure, le gouvernement a également amendé la loi sur les technologies de l’information et de la communication, permettant désormais de poursuivre non seulement des individus, mais aussi des entités politiques dans leur ensemble.

Fondée en 1949, la Ligue Awami a rejeté cette décision via un message publié sur sa page Facebook officielle, la qualifiant d’« illégitime » et déclarant que « toutes les décisions du gouvernement illégal sont illégales ». Le parti avait été déjà affaibli en octobre dernier, lorsque sa branche étudiante, la Bangladesh Chhatra League, avait été dissoute et désignée comme organisation terroriste.

La tension est montée au Bangladesh après une vague de protestations initialement déclenchée en juillet 2024 par une réforme controversée des quotas d’emplois publics. Ces manifestations ont rapidement dégénéré en l’une des plus graves crises politiques depuis l’indépendance du pays en 1971, forçant Hasina à fuir en Inde.

Le gouvernement intérimaire actuellement en place est dirigé par Muhammad Yunus, lauréat du prix Nobel de la paix. Il a promis de profondes réformes institutionnelles et a laissé entendre que les prochaines élections, initialement prévues en 2025, pourraient être repoussées à 2026 pour permettre une transition démocratique apaisée.

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