Une simple métaphore sur X a viré à une passe d’armes historique et idéologique d’une rare intensité. Tout est parti d’un message de Sarah Knafo, députée européenne R!, qui a écrit : « On a divorcé avec l’Algérie en 1962. Mais la France a eu la garde des enfants… et continue de verser une pension alimentaire. Il faut divorcer pour de bon ! ». Le ton ironique de la formule a suscité la colère de l’imam Ismaïl (condamné à de la prison avec sursis pour « apologie du terrorisme »), influent sur les réseaux sociaux, qui a dénoncé « le mépris » de la chroniqueuse et une « obsession pour les Arabes ». Selon lui, l’Algérie ne s’est pas « divorcée » mais « libérée » après « 132 ans d’occupation, de pillages et de massacres ».
Zemmour contre-attaque : « L’Algérie n’a pas été libérée, elle a été lâchée »
Éric Zemmour est alors monté au créneau, accusant l’imam « d’ignorance historique et d’esprit de revanche ». Dans une longue réponse, le président de Reconquête a réécrit à sa manière la guerre d’Algérie : « Ce n’est pas l’ALN qui a libéré l’Algérie, c’est de Gaulle qui a donné l’indépendance ». Il a nié toute idée de pillage, affirmant que la France avait « assaini des marécages et apporté la civilisation ». Allant plus loin, il a estimé que « les étrangers non assimilés sont des colonisateurs », provoquant un tollé immédiat.
L’imam a alors répondu, réfutant les arguments de Zemmour, dénonçant une « malhonnêteté historique » et rappelant que « la France a fini par reconnaître la guerre d’Algérie ». Il a conclu par une formule qui a enflammé les réseaux : « N’est pas algérien qui veut, monsieur Zemmour. Même né en Algérie, vous ne le serez jamais. Et moi, né en France, je suis franco-algérien. »