L’administration Trump gèle 584 millions de dollars de fonds fédéraux destinés à l’UCLA, en pleine controverse sur les manifestations pro-palestiniennes
L’administration Trump gèle 584 millions de dollars de fonds fédéraux destinés à l’UCLA, en pleine controverse sur les manifestations pro-palestiniennes

L’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a confirmé mercredi que l’administration Trump a gelé 584 millions de dollars de financements fédéraux, en réponse à sa gestion des manifestations pro-palestiniennes sur le campus. Cette décision marque un nouvel épisode dans la tension croissante entre la Maison Blanche et les institutions universitaires accusées par le gouvernement de tolérer l’antisémitisme sous couvert de critique à l’égard d’Israël.

Depuis plusieurs mois, l’UCLA est au cœur d’une tempête politique et médiatique, en raison de manifestations massives sur son campus contre l’intervention militaire israélienne à Gaza. Ces mobilisations, auxquelles ont participé étudiants, enseignants et groupes militants — y compris certains groupes juifs progressistes —, ont été jugées « permissives envers l’extrémisme » par le gouvernement fédéral, qui reproche à l’université de ne pas avoir suffisamment encadré les discours tenus lors de ces rassemblements.

Le chancelier de l’UCLA, Julio Frenk, a déclaré sur le site officiel de l’université que « près de 584 millions de dollars de financements extramuraux sont actuellement suspendus et menacés ». Il a ajouté que des discussions avec les autorités fédérales étaient en cours, dans l’espoir de débloquer les fonds. Il a également défendu la position de l’université, affirmant qu’elle soutenait la liberté d’expression tout en condamnant fermement tout acte de haine.

Cette décision fédérale survient dans un climat explosif : l’université vient tout juste d’accepter de verser plus de 6 millions de dollars dans le cadre d’un règlement à l’amiable avec des étudiants et un professeur ayant intenté un procès pour antisémitisme. Par ailleurs, l’UCLA avait été poursuivie plus tôt cette année pour sa gestion d’une attaque violente contre des manifestants pro-palestiniens en 2024, incident qui avait fait grand bruit au plus fort des mobilisations étudiantes à travers les États-Unis.

Les défenseurs des droits civiques et plusieurs organisations universitaires s’inquiètent de cette action du gouvernement, qu’ils jugent politiquement motivée et dangereuse pour l’indépendance des universités. Ils estiment que la critique des politiques israéliennes ne saurait être systématiquement assimilée à de l’antisémitisme, et dénoncent une tentative d’intimidation qui risque de restreindre le débat démocratique sur les campus.

La Maison Blanche n’a pas répondu immédiatement aux sollicitations de la presse sur cette affaire. Mais ce gel de financement, sans précédent par son ampleur, pourrait inaugurer une nouvelle ère de confrontation entre les universités américaines et le pouvoir exécutif, sur fond de guerre culturelle et de clivages géopolitiques exacerbés.

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