Des organisations géorgiennes de défense des droits de l’homme ont dénoncé mardi un projet de loi du gouvernement prévoyant un renforcement des sanctions contre les manifestants et des restrictions accrues sur les partis politiques d’opposition, qu’elles jugent « antidémocratiques » et contraires aux principes européens.
Selon les amendements proposés, les peines pour troubles à l’ordre public lors de manifestations seraient alourdies, tandis que les partis accusés de “troubles politiques répétés” pourraient être temporairement suspendus ou dissous. Ces dispositions, présentées par le parti au pouvoir Rêve géorgien, sont justifiées par la nécessité de « préserver la stabilité nationale ».
Plusieurs ONG, dont la Georgia Human Rights Watch et le Centre pour la liberté civique, affirment au contraire que ce texte constitue une attaque directe contre la liberté d’expression et de rassemblement pacifique. Elles y voient une tentative de museler l’opposition avant les élections législatives prévues en 2026.
À Tbilissi, des manifestations spontanées ont éclaté dans la matinée devant le Parlement, où les forces de l’ordre ont été déployées en nombre. Les slogans réclamaient la démission du gouvernement et l’abandon du projet, jugé incompatible avec les engagements européens de la Géorgie.
L’Union européenne a réagi prudemment, rappelant que le respect des libertés fondamentales restait « un critère essentiel » dans le processus d’adhésion du pays. De son côté, la présidente Salomé Zourabichvili a exprimé ses « préoccupations sérieuses », soulignant que toute législation restreignant la contestation populaire devait être « strictement proportionnée et conforme aux normes internationales ».