BUCAREST — Le président élu de la Roumanie, Nicușor Dan, a estimé jeudi qu’un objectif « optimiste et réaliste » pour le déficit budgétaire du pays en 2025 serait de 7,5 % du produit intérieur brut, contre 9,3 % enregistrés en 2024. Il a également affirmé que les discussions sur les budgets 2025 et 2026 ne prévoyaient pas, pour l’heure, d’augmentation d’impôts.
« Nous devons injecter environ 30 milliards de lei (6,7 milliards de dollars) dans le budget », a déclaré Dan à la presse, après la validation officielle des résultats de l’élection présidentielle par la Cour suprême. Il prêtera serment lundi, avec pour mission urgente de nommer un Premier ministre capable de former un gouvernement apte à assainir les finances publiques.
La Roumanie fait face à des pressions croissantes de la part de la Commission européenne, qui prévoit un déficit de 8,6 % cette année et de 8,4 % en 2026. Sans mesures crédibles de réduction du déficit, Bucarest risque de voir son accès aux fonds européens suspendu, et sa note souveraine — déjà au dernier échelon de la catégorie « investissement » — potentiellement abaissée.
Dan, candidat centriste pro-européen, a remporté l’élection présidentielle face à un rival d’extrême droite, et s’oppose clairement à toute hausse d’impôt, une position qu’il a martelée tout au long de sa campagne. Il estime que la réduction du déficit doit s’opérer sans alourdir la pression fiscale sur les ménages ou les entreprises.
Le budget roumain pour 2025, basé sur une prévision de croissance économique de 2,5 %, vise initialement un déficit de 7 %, un objectif jugé irréaliste sans ajustements budgétaires majeurs. Les observateurs soulignent que l’écart entre les ambitions affichées et les ressources disponibles reste difficile à combler.
La croissance économique du pays, vigoureuse après la pandémie, ralentit progressivement, compliquant encore la tâche du futur gouvernement. Ce dernier devra réunir au moins trois partis pro-UE pour former une majorité stable, tandis que l’extrême droite, forte de son tiers de sièges au parlement, pourrait capitaliser sur les tensions sociales pour s’opposer aux mesures de rigueur.
Les agences de notation S&P, Fitch et Moody’s maintiennent actuellement la Roumanie en catégorie « investissement », mais avec une perspective négative. Toute nouvelle détérioration des finances publiques pourrait entraîner un déclassement, ce qui alourdirait encore les coûts de financement de l’État.