Le 26 août 1789, l’Assemblée nationale constituante adopte à Versailles un texte fondateur de la Révolution française : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ce document, composé de dix-sept articles, affirme pour la première fois en France les principes de liberté, d’égalité et de souveraineté nationale. Rédigée dans un contexte de bouleversements politiques, elle marque la fin de l’Ancien Régime et devient le socle d’une nouvelle conception de la société.
Une synthèse des Lumières et des révolutions étrangères
Inspirée à la fois du Bill of Rights anglais de 1689 et de la Déclaration d’indépendance américaine de 1776, la Déclaration de 1789 condense les idéaux du Siècle des Lumières. Elle proclame la liberté de conscience, la séparation des pouvoirs, le droit de propriété et surtout l’égalité des hommes devant la loi. Son premier article, « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », balaie les privilèges de la société d’ordres et ouvre la voie à l’abolition de l’esclavage et des discriminations. Le texte ne fait référence ni au roi ni à une religion, mais invoque seulement « l’Être suprême », garantissant à chacun la liberté de culte.
Une portée universelle et durable
Le roi Louis XVI, contraint par la pression populaire, finit par ratifier la Déclaration le 5 octobre 1789. Elle devient alors le préambule de la Constitution de 1791, et sera reprise par les textes fondateurs des Républiques suivantes. Son influence dépasse largement les frontières françaises : elle inspire la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’ONU en 1948. Aujourd’hui encore, elle possède une valeur constitutionnelle en France, rappelant que la liberté, la sûreté, la résistance à l’oppression et l’égalité demeurent des principes intangibles de toute société démocratique.