L’OL en Ligue 2, Jean-Michel Aulas en colère: «Pendant 36 ans, j’ai veillé à ce que jamais une telle situation ne puisse se produire.»
L’OL en Ligue 2, Jean-Michel Aulas en colère: «Pendant 36 ans, j’ai veillé à ce que jamais une telle situation ne puisse se produire.»

Le climat est lourd à Lyon. Après une saison chaotique et une situation institutionnelle de plus en plus confuse, l’Olympique Lyonnais traverse une crise sans précédent. Dans ce contexte tendu, les réactions s’enchaînent. Jean-Michel Aulas, président historique du club durant 36 ans, a pris la parole, tout comme les Bad Gones, principal groupe de supporters, qui expriment leur colère et leur désarroi face à la direction actuelle incarnée par John Textor.

Jean-Michel Aulas, entre tristesse et incompréhension

C’est avec une émotion palpable que Jean-Michel Aulas, président emblématique de l’OL de 1987 à 2023, a réagi à la situation actuelle du club sur les réseaux sociaux. Dans un message sobre mais chargé d’amertume, il confie : « C’est un choc. Un coup terrible pour tous ceux qui aiment profondément l’Olympique Lyonnais. Je pense d’abord aux joueurs, aux éducateurs, aux salariés du club, à nos supporters tellement fidèles, et à tous ceux pour qui l’OL est bien plus qu’un club. »

Celui qui a bâti l’OL moderne, menant le club au sommet du football français et européen, ne cache pas son abattement face à ce qu’il considère comme une dérive profonde : « Pendant 36 ans, j’ai veillé à ce que jamais une telle situation ne puisse se produire. J’ai tout donné pour bâtir un club solide, respecté, ambitieux et sain financièrement. Aujourd’hui, c’est la tristesse qui domine. Et une immense incompréhension. »

Respectueux des circonstances, notamment du récent décès de Bernard Lacombe, Aulas ne souhaite pas s’étendre davantage sur le fond du dossier, mais affirme rester attentif à l’évolution de la situation : « Par respect pour les institutions, et dans la retenue que m’impose aussi la disparition de Bernard Lacombe, je ne commenterai pas davantage à ce stade. Je n’ai pas encore connaissance des attendus de la décision. Je souhaite de tout mon cœur que l’appel, et les garanties que pourra apporter l’OL, et surtout celles de John Textor et de ses associés au sein d’Eagle Football Holding, permettront de revenir sur cette situation inédite. Je resterai, comme je l’ai toujours été, vigilant et profondément attaché à l’avenir de notre club. »

Les Bad Gones : «John Textor n’a jamais été et ne sera jamais l’homme de la situation»

Dans un communiqué cinglant publié peu après, les Bad Gones, l’un des groupes ultras les plus influents du club, n’ont pas mâché leurs mots à l’égard de l’actionnaire majoritaire John Textor. Leur courroux est d’autant plus vif que, selon eux, leurs tentatives de dialogue sont restées lettre morte : « Nous avons du mal à comprendre où va le club, quelle est ta vision et nous pensons que toi comme nous avons créé une méfiance commune », avaient-ils écrit dans un mail daté du 12 juin.

L’absence de réponse a cristallisé les tensions, et les supporters n’hésitent plus à appeler à un changement radical de direction : « John Textor n’a jamais été et ne sera jamais l’homme de la situation. Ce supporter de Botafogo doit maintenant disparaître du paysage lyonnais. »

Ils en appellent désormais à ceux qui détiennent un pouvoir économique sur Eagle Football : « Nous appelons ses nombreux créanciers à reprendre la main et à redonner les clefs de l’Olympique Lyonnais à quelqu’un qui saura respecter notre institution et laver les nombreux affronts qui lui ont été faits. Nous appelons au-delà tous les amoureux de l’Olympique Lyonnais à venir à son secours, et que ceux-là sachent qu’ils nous trouveront à leur côté pour redresser notre club, notre raison de vivre. »

Une fracture profonde

Entre le désarroi d’un bâtisseur historique et la colère d’un public fidèle, c’est tout l’Olympique Lyonnais qui vacille. La fracture entre la direction actuelle et ceux qui incarnent l’ADN du club semble plus béante que jamais. Dans ce moment critique, l’avenir de l’OL ne dépendra pas seulement d’un appel juridique ou de résultats sportifs : il faudra surtout reconstruire un lien, une confiance, et une vision commune. Un pari loin d’être gagné…

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