La police nationale a démantelé un trafic de pièces détachées au sein du site Stellantis de Noidans-lès-Vesoul, centre mondial de distribution pour les marques du groupe. Deux intérimaires âgés de 35 et 38 ans ont été arrêtés en flagrant délit, les bras chargés de sacs-poubelle remplis de pièces volées.
Un trafic révélé malgré les caméras de surveillance
L’usine de Vesoul abrite plus de 350 000 références destinées à la maintenance des véhicules Peugeot, Citroën ou Opel. Malgré une surveillance renforcée, les images vidéo ont mis au jour des mouvements suspects aux abords du site. Les policiers ont alors surpris les deux hommes près d’un grillage découpé, prêts à écouler leur butin. L’un des suspects, originaire de Haute-Saône, et l’autre, ressortissant géorgien, étaient employés depuis plusieurs mois dans la zone des pièces de rechange. Les perquisitions menées à leur domicile ont permis de découvrir près d’un demi-million d’euros de matériel volé : environ 400 000 euros de pièces chez l’un, 100 000 chez l’autre. Les enquêteurs ont également saisi de l’argent liquide et identifié une plateforme de revente entre particuliers utilisée pour écouler les produits.
Une perte estimée à deux millions d’euros
Le groupe Stellantis, qui avait déjà connu un précédent similaire en 2014, a lancé un inventaire complet pour évaluer l’ampleur du préjudice. Le montant global des pertes, incluant la valeur marchande des pièces revendues, serait proche de deux millions d’euros. Cette affaire met en lumière les failles persistantes dans la sécurité du site, pourtant stratégique pour la logistique mondiale du constructeur. L’enquête, menée en collaboration avec le groupement interministériel de recherche, se poursuit afin d’établir si d’autres complicités ont permis ce trafic d’envergure.