L’affaire a éclaté en pleine nuit, en plein centre de Versailles. Entre jalousie adolescente, violence aveugle et passivité complice, un règlement de comptes amoureux a failli tourner à l’irréparable. Une adolescente de 16 ans a été mise en examen pour tentative d’homicide après avoir poignardé à six reprises une jeune femme de 18 ans, ancienne compagne de son ex-petit ami. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 5 au 6 juillet, place Charost, un quartier animé de la ville. La mineure a été placée en détention provisoire à Fleury-Mérogis. Son beau-père, qui l’accompagnait, est quant à lui sous contrôle judiciaire.
Une scène violente, un entourage silencieux, une issue judiciaire
L’origine du drame remonte à une rupture que la jeune agresseuse n’a pas digérée. Selon les éléments de l’enquête, elle n’aurait pas supporté que son ancien compagnon renoue avec son ex-petite amie après une brève séparation. Déterminée à s’expliquer, elle s’est rendue sur les lieux de travail du jeune homme, accompagnée de son beau-père. Là, elle retrouve sa rivale, une altercation éclate. Puis le geste bascule. À l’aide d’un couteau prélevé au domicile familial, elle frappe la jeune femme à six reprises. Pendant ce temps, le petit ami tente sans succès de s’interposer. Le beau-père, lui, reste spectateur de la scène, sans intervenir. Pire, après les faits, il rentre au domicile avec sa belle-fille et se débarrasse discrètement de l’arme utilisée.
La victime, grièvement blessée, a été prise en charge par les secours
Elle souffre d’un pneumothorax, d’une perforation du côlon, d’un traumatisme rénal et de trois plaies dorsales. Les médecins lui ont délivré une incapacité totale de travail de 21 jours. Interpellés quelques heures plus tard à leur domicile, la jeune fille et son beau-père ont été placés en garde à vue. Tous deux inconnus de la justice, ils ont reconnu les faits lors de leurs auditions. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour tentative d’homicide. Si le geste de la mineure s’explique par un dépit amoureux, il n’en reste pas moins d’une extrême gravité. Et la passivité de l’adulte présent aux côtés de l’adolescente pose elle aussi de nombreuses questions.