Plus de trente ans après sa disparition, le mystère s’est enfin dissipé dans les Alpes suisses. Les ossements d’un alpiniste originaire du Valais, disparu en novembre 1994, ont été découverts à la mi-octobre sur le glacier de l’Obergabelhorn, au-dessus de Zinal. Ce sommet, qui culmine à 4 063 mètres, appartient à la « couronne impériale », l’un des massifs les plus emblématiques du canton.
Un corps rendu par la fonte des glaces
Selon le ministère public valaisan, ce sont des alpinistes qui ont fait la macabre découverte le 15 octobre dernier. Les agents de la police cantonale ont été héliportés sur place pour récupérer les ossements et les effets personnels retrouvés à proximité. Les analyses médico-légales ont ensuite permis d’identifier formellement la victime : il s’agit d’un Suisse né en 1969, disparu dans ce secteur le 4 novembre 1994 lors d’une ascension en duo. Son compagnon de cordée avait, lui, été retrouvé en 2000. Les autorités rappellent que le phénomène n’a rien d’isolé. Avec le réchauffement climatique et la fonte accélérée des glaciers, les Alpes suisses livrent régulièrement les traces de disparitions anciennes. En 2022, l’épave d’un avion crashé en 1968 avait refait surface sur le glacier d’Aletsch, accompagnée des restes des trois passagers.
Les glaciers suisses, mémoire du temps
L’Obergabelhorn, surnommé « la corne de la fourchette supérieure », attire depuis toujours les alpinistes chevronnés en quête d’ascensions techniques. Mais la fonte du permafrost et le recul constant des glaciers modifient profondément les conditions de montagne, exposant désormais d’anciennes zones enfouies. Chaque été, les découvertes d’objets ou de corps perdus depuis des décennies rappellent à quel point ces géants de glace sont aussi des archives naturelles, figées dans le temps avant de livrer, peu à peu, leurs secrets.