Trois Palestiniens ont été arrêtés par la police de l’Autorité palestinienne, soupçonnés d’avoir incendié un sapin de Noël et endommagé une partie d’une crèche dans une église catholique de la ville de Jenin, en Cisjordanie occupée par Israël. Les arrestations ont été effectuées après l’examen d’images de vidéosurveillance, ont indiqué les forces de sécurité palestiniennes.
La police a précisé avoir saisi des outils qui auraient été utilisés lors de l’attaque et a fermement condamné cet acte, le qualifiant de tentative visant à attiser des tensions religieuses et communautaires dans une région déjà marquée par une forte instabilité.
L’Holy Redeemer Church a diffusé sur les réseaux sociaux des images montrant le squelette calciné d’un sapin artificiel, dépouillé de ses branches en plastique vert, avec des décorations éparpillées dans la cour. Selon la paroisse, l’incendie s’est produit vers 3 heures du matin et a également causé des dégâts à une partie de la crèche installée pour les fêtes.
Dès le lendemain, l’église a nettoyé les lieux et installé un nouveau sapin afin de pouvoir célébrer la messe de Noël. Une cérémonie spéciale s’est tenue en présence de responsables musulmans et chrétiens locaux ainsi que de représentants politiques. Le prêtre de la paroisse, le révérend Amer Jubran, a affirmé que l’incident était isolé et a insisté sur l’unité et la coexistence au sein de la ville.
La communauté chrétienne de Cisjordanie, qui représente environ 1 à 2 % des quelque trois millions d’habitants du territoire, fait face à des pressions croissantes. Elle se trouve confrontée à la fois aux violences de colons israéliens extrémistes et aux actions de groupes palestiniens radicaux, poussant de nombreux chrétiens à quitter la région, comme ailleurs au Moyen-Orient.
Cet incident intervient dans un contexte de recrudescence des violences en Cisjordanie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. Les opérations militaires israéliennes, les attaques de colons et les actions armées palestiniennes ont accentué les tensions, affectant l’ensemble des communautés locales et fragilisant davantage les minorités religieuses.