La découverte a eu lieu dimanche soir, dans un appartement du centre de Roubaix, après l’alerte donnée par une voisine inquiète de ne plus voir bouger la jeune habitante de 17 ans. Les secours et la police ont pénétré dans le logement et y ont trouvé le corps de l’adolescente, entourée d’une trentaine de bonbonnes de protoxyde d’azote de grande contenance. Le parquet de Lille a ouvert une enquête en recherches des causes de la mort. Les premières constatations orientent vers une possible overdose de ce gaz détourné à des fins récréatives, mais les analyses médico-légales doivent encore confirmer les circonstances exactes du décès. Le protoxyde d’azote, surnommé « gaz hilarant », est un produit industriel facile d’accès, devenu en quelques années un stupéfiant d’usage festif prisé chez les plus jeunes. Les médecins alertent depuis plusieurs années sur ses dangers : brûlures internes, lésions neurologiques parfois irréversibles, troubles cognitifs, risques vasculaires, complications psychiatriques, dépendance et perte de contrôle. Une étude de Santé publique France avait montré que les 18-24 ans en étaient les principaux consommateurs, bien loin devant les autres tranches d’âge, révélant une diffusion préoccupante dans la jeunesse. Cette banalisation s’observe jusque dans certaines villes du Nord où les forces de l’ordre saisissent régulièrement des bouteilles de grande capacité, utilisées par des groupes sans conscience des risques.
Un gaz désormais ciblé par des restrictions, alors que Roubaix avait déjà tenté d’agir
Face à l’ampleur du phénomène, le législateur s’est saisi du sujet. Le Sénat a voté au printemps la pénalisation de l’usage détourné du protoxyde d’azote, tandis qu’un débat national se poursuit sur l’avenir de sa vente aux particuliers, encore largement autorisée. La ville de Roubaix avait, elle, anticipé l’urgence sanitaire dès l’été, en interdisant la détention et l’utilisation du gaz dans l’espace public lorsqu’il est destiné à un usage récréatif. La municipalité évoquait, à l’époque, une amélioration visible dans certains quartiers après la mise en place de cette mesure, preuve que le phénomène était devenu un sujet de sécurité et de santé publique local. L’enquête en cours devra établir précisément ce qui s’est passé dans l’appartement de l’adolescente, dont le décès rappelle de manière brutale que l’usage répété ou massif de ce gaz n’a rien d’anodin. Les enquêteurs analysent les éléments retrouvés sur place pour déterminer si la jeune fille était seule, si elle consommait régulièrement ce produit et si d’autres facteurs ont pu contribuer à sa mort. Les résultats médicaux sont attendus dans les prochains jours, alors que les autorités redoutent une nouvelle hausse des accidents liés au protoxyde d’azote à l’approche de l’hiver et des regroupements festifs.